PDS : les motivations et les freins vus par les généralistes

Par
Loan Tranthimy -
Publié le 27/03/2019
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Crédit photo : S. Toubon

Un jugement « relativement positif » mais le sentiment que la situation se dégrade : voilà ce que pensent cette fois les généralistes de la permanence des soins ambulatoires (PDS-A), selon une enquête ELABE auprès de 5 000 médecins de famille (ayant répondu au questionnaire entre le 31 janvier et le 28 février). 

Tout comme les conseils départementaux de l'Ordre des médecins (CDOM), les généralistes considèrent que le fonctionnement global de la PDSA est bon (68 %), mais avec le sentiment assez marqué d'une détérioration depuis dix ans (36 %).

D'après ce que vous en savez, par rapport aux 10 dernière années, diriez-vous que la situation de la permanence des soins dans votre département s'améliore, se détériore ou ne change pas ? [Base : Ensemble des médecins (4 973)]

Ce sentiment est d'abord lié à la baisse du nombre de médecins assurant des gardes (56 %).

Êtes-vous d'accord ou pas d'accord avec cette affirmation ? [Base : Ensemble des médecins (4 973)]

La moyenne est de 31 gardes par an (34 en milieu rural). Ce nombre est jugé plutôt satisfaisant par une majorité de répondants (68 %) même si ce sentiment est plus nuancé en milieu rural. Le sentiment de détérioration de l'exercice est majoritairement ressenti au-delà de 60 gardes par an.

Si deux tiers des médecins estiment que leurs conditions d'exercice pendant les gardes sont relativement bonnes, certains facteurs altèrent cet équilibre comme le changement de la taille des secteurs et l'affluence trop importante des patients notamment pour les régulateurs en nuit profonde ou les week-ends.

Les gardes postées ont clairement la préférence des médecins (75 % contre 7 % pour les gardes mobiles) et les maisons de garde constituent à l'évidence un outil facilitateur tant pour l'organisation (67 %) que pour l'exercice des gardes (66 %).

Interrogés sur leurs motivation pour s'engager dans la PDS, 43 % citent en premier le devoir de service public, puis la solidarité avec les confrères et consœurs (26 %) les raisons financières (19 %) et la diversité de l'exercice (4 %). Chez les moins de 40 ans et les remplaçants, la motivation financière arrive quasiment au même niveau que la solidarité.

Les médecins ont un avis assez critique sur les revenus d'astreinte mais plus nuancé sur les revenus globaux dans le cadre de la permanence des soins. 

Freins et solutions

Quels sont les freins majeurs ? Sur le podium, l'emploi du temps chargé (44 %), la difficulté à concilier gardes et vie de famille (20 % mais premier frein chez les moins de 40 ans, les remplaçants et les femmes) et la fatigue (19 %). La rémunération insuffisante n'est évoquée que par 5 % des médecins sondés. La problématique de la sécurité est particulièrement pointée par les femmes (31 %) et les médecins de l'agglomération parisienne (28 %).

Quelles solutions ? Les pistes évoquées sont nombreuses : créer davantage de maisons médicales de garde (MMG) à proximité des urgences, défiscaliser et augmenter les revenus associés à la PDS ou encore éduquer les patients par une campagne de communication ciblée.


Source : lequotidiendumedecin.fr