PDS : le patron du SAMU tacle les libéraux, les maisons de garde et SOS Médecins

Publié le 12/12/2013

Le Dr Marc Giroud, président du SAMU n’a pas mâché ses mots à l’encontre de SOS Médecins. Le médecin urgentiste, qui était invité à se prononcer à l’Assemblée nationale sur l’organisation de la permanence des soins (PDS), a accusé SOS Médecins de créer une situation « inflationniste et de surconsommation des soins ». Pour Marc Giroud, « le partenariat SOS-Samu, sur la base d’une interconnexion de leurs dispositifs de régulation, leur donne le droit de coter la majoration "PDS" dans toutes les situations ».

Marc Giroud sous-entend, sans le dire expressément, que tous les actes de SOS Médecins ne relèvent pas, loin s’en faut, de la permanence des soins et encore moins de l’urgence.

Les maisons médicales de garde sont également dans son collimateur. « Elles ont eu leur heure de gloire, concède le président du SAMU, mais nous n’avons jamais vu de résultats en terme de réduction des flux aux urgences. Elles écrèment sans doute une partie de l’activité, mais pas celle qui pèse le plus sur les urgences. » Pire, ces MMG sont accusées d’avoir été l’alibi des libéraux « pour cesser les visites à domicile ».

« Bricolage de camping »

Enfin, côté régulation libérale, si le président du SAMU reconnaît que « la participation des libéraux est un acquis positif », c’est pour dénoncer dans la foulée leur « volonté d’autonomie choquante ». Le président du SAMU fait référence à la bisbille qui oppose les régulateurs libéraux et hospitaliers au sujet de la mise en place du nouveau système d’information du SAMU. Les libéraux refusent qu’on le leur impose, préférant garder les leurs, interconnectés à celui du SAMU.

« Le système d’information des libéraux est du bricolage de camping », précise au « Quotidien » l’urgentiste, alors qu’il juge « très performant » celui que développe actuellement l’ASIP-Santé pour le SAMU. Pour lui, cette volonté d’autonomie des régulateurs libéraux est « archaïque, ils devraient plutôt parler de convergence et d’union sacrée des médecins autour des besoins des patients ».

Plus généralement, le patron du SAMU juge que « la PDS coûte très cher par rapport au service rendu ». Il cite l’exemple de coordonnateurs de la PDS en Ile-de-France, simplement chargés selon lui de rédiger les tableaux de garde, et rémunérés 75 000 euros par an par l’ARS. « Les ARS corrigent par une surincitation financière les défauts du système », dénonce Marc Giroud.

« Double langage »

La mission d’information sur la PDS recevait dans la foulée le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, le Dr Patrick Bouet, et le président de sa section Exercice professionnel, le Dr François Simon. Ce dernier a répondu à Marc Giroud sur ses attaques contre les MMG et leur faible participation au désengorgement des urgences. « Ces MMG sont peu alimentées par la régulation, plaide-t-il, et les sites situés à proximité des hôpitaux fonctionnent peu. »

La raison de cette désaffection est à mettre au compte, selon François Simon, du « double langage du SAMU car les urgences ont intérêt à ce qu’il y ait du passage, compte tenu de leur mode de tarification ».

 H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr