Pas d’anomalies congénitales chez les enfants de survivants du cancer

Publié le 19/12/2011
1324291842311264_IMG_74482_HR.jpg

1324291842311264_IMG_74482_HR.jpg
Crédit photo : © PHANIE

Les patients qui souffrent d’un cancer reçoivent souvent des traitements agressifs, par radiothérapie et chimiothérapie, qui peuvent affecter leur aptitude à la procréation. Chez les filles, les irradiations pelviennes, avec les dommages à l’utérus qui en résultent, ont été associées à un risque de fausses couches et d’accouchements prématurés ; les effets sur les ovaires peuvent être source d’infertilité. La radiothérapie et les agents antimitotiques alkylants sont à même d’endommager l’ADN.

Lisa Signorello et coll. (Rockville, États-Unis) ont utilisé des données de la « Childhood Cancer Survivor Study », une étude rétrospective comprenant plus de 20 000 enfants de survivants de cancers diagnostiqués entre 1970 et 1986. L’examen a porté sur 4 699 enfants. Ils sont nés de 1 128 hommes et 1 627 femmes survivantes du cancer. Chez ces parents, 63 % avaient été traités par radiothérapie ; par ailleurs, 44 % des hommes et 50 % des femmes avaient reçu des agents alkylants. Dans ce groupe d’enfants, il y a 2,7 % d’enfants présentant une anomalie congénitale : syndrome de Down, achondroplasie ou fente labiale. Les observateurs trouvent que 3 % d’enfants de mères exposées aux radiations ou traitées par un agent alkylant présentent un défaut à la naissance, comparativement à 3,5 % des enfants de survivants de cancer qui n’ont pas été exposés à ces thérapeutiques.

Il y a 1,9 % des enfants d’hommes ayant eu ces traitements qui ont présenté des anomalies congénitales, comparativement à 1,7 % d’enfant nés de pères n’ayant pas eu ces irradiations ou ce type de chimiothérapie. D’où la conclusion qu’il n’y a pas d’excès de risque de défauts congénitaux. Les auteurs indiquent que la force de leur étude tient à la comparaison avec des enfants nés de parents traités pour cancer avec d’autres types de traitement, tous ayant été surveillés de la même façon, et non avec les chiffres de la population générale, ce qui peut entraîner une surreprésentation des anomalies si la population des enfants de survivants de cancer est davantage surveillée.

« Journal of Clinical Oncology », 13 décembre 2011.

Dr BÉATRICE VUAILLE

Source : lequotidiendumedecin.fr