Pas d’aliment anticancer mais la prévention nutritionnelle est efficace

Publié le 26/05/2011
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Crédit photo : © S. TOUBON/ « LE QUOTIDIEN »

La prévention nutritionnelle des cancers est-elle légitime ? Après quatre ans de travaux puis de validation, le groupe d’experts pluridisciplinaires réunis par l’ANSES peut affirmer : « On dispose aujourd’hui d’un faisceau d’arguments montrant que la prévention nutritionnelle des cancers est légitime et qu’elle peut être efficace. »

En revanche, « il n’existe pas d’aliment ou de nutriment "anticancer" en soi », précise-t-il. La consommation « d’un aliment, d’un nutriment ou d’un complément alimentaire en particulier n’est pas suffisante, à elle seule, pour prévenir l’apparition d’un cancer, surtout lorsque l’alimentation dans son ensemble est déséquilibrée », poursuit-il.

Les experts estiment qu’en la matière, le rapport du Fonds international de recherche contre le cancer (WCRF) et l’American Institute for Cancer Research (AICR) est actuellement le rapport de référence en la matière. Cette expertise internationale conduite en 2006 selon une « méthodologie rigoureuse » basée sur la revue systématique de la littérature et sur des méta-analyses réalisées à partir de 7 000 articles scientifiques originaux publiés jusqu’en 2006, « fournit un état des connaissances fiables », notent-ils. Selon ce rapport WCRF/AICR, un tiers des cancers les plus communs pourraient être évités dans les pays industrialisés grâce à la prévention nutritionnelle.

Huit facteurs identifiés.

Huit facteurs présentant « des niveaux de preuve convaincants ou probables de relation avec le cancer » ont été identifiés confirmant les conclusions de l’Institut national du cancer.

Cinq d’entre eux sont des facteurs de risque augmentant le risque de cancer. Le premier, les boissons alcoolisées, présente un niveau de preuve est convaincant pour plusieurs cancers : bouche, pharynx, larynx, œsophage, côlon-rectum chez l’homme, sein ; le niveau de preuve est probable pour le cancer du foie et celui du côlon-rectum (chez la femme).

En ce qui concerne le surpoids et l’obésité, le niveau de preuve est convaincant pour les cancers suivants : œsophage, endomètre, rein, côlon-rectum, pancréas, sein après la ménopause. Pour le troisième, la consommation de viandes rouges et de charcuteries, le niveau de preuve est convaincant pour le cancer colorectal. Le sel et les aliments salés sont un facteur de risque probable pour le cancer de l’estomac tandis que les compléments alimentaires à base de bêta-carotène, le sont cette fois avec un niveau de preuve convaincant pour le cancer du poumon chez les fumeurs.

A contrario, 3 facteurs contribuent à la diminution du risque de cancer : l’activité physique (le niveau de preuve est convaincant pour le cancer du côlon), la consommation de fruits et légumes (le niveau de preuve est jugé probable pour les cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, de l’estomac, du poumon). Enfin, l’allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois (le niveau de preuve est convaincant pour le cancer du sein).

Le rapport de l’ANSES conforte ainsi les recommandations du PNNS 2 (Programme national nutrition santé) : réduire la consommation des boissons alcoolisées, promouvoir une alimentation équilibrée et diversifiée et promouvoir l’activité physique. Les experts précisent aussi que la « prévention nutritionnelle des cancers doit s’appuyer sur des recommandations de comportement et ne cible pas la consommation ou l’éviction d’un aliment en particulier ». Pour être efficace, l’exposition à des facteurs nutritionnels protecteurs doit être « régulière ».

> Dr L. A.

Source : lequotidiendumedecin.fr