Courrier des lecteurs

Paperasse : une situation paradoxale...

Publié le 11/02/2019

Nos ministres et politiques de tous poils nous expliquent que la paperasse administrative va se réduire en peau de chagrin car les demandes redondantes et inutiles n’existeront plus. De plus « les quelques formalités » administratives nécessaires passeront par les mains d’assistants médicaux, ce qui va permettre de dégager du temps aux médecins pour voir plus de patients (et permettre aux praticiens de cette manière de rémunérer la 2e année ces super secrétaires). Tout cela me laisse quelque peu perplexe.

En effet, en prenant l’exemple d’une modernisation où la dématérialisation est prônée, nous ne pouvons que féliciter les dynamiques fonctionnaires gérant les dossiers MDPH. Auparavant il fallait remplir 4 feuilles, et maintenant il faut se pencher sur de nouveaux items (même pour les renouvellements) ; bref il faut passer deux fois plus de temps pour les remplir.

Du fait d’une situation économique difficile pour certains chômeurs, les responsables de Pôle emploi demandent aux allocataires (pour éviter des tracas) de se faire instruire par leur médecin traitant des dossiers MDPH. Peu importent les problèmes médicaux de ces patients (souvent les motifs sont futiles) ; le plus important c’est avant tout de rédiger ces liasses de papier pour se conformer aux règles de Pôle emploi.

Eh oui, le médecin est un référent qui permet de contourner certaines situations délicates pour rassurer les patients et certains fonctionnaires. Pourquoi dans ces cas ne pas donner la charge de ces dossiers à certains collègues fonctionnaires du Conseil Général, ou de la Sécu ? De cette manière, on pourrait de manière concrète donner plus de temps aux médecins libéraux, et probablement que la chasse aux demandes farfelues serait ouverte.

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Dr Pierre Frances, médecin généraliste, Banyuls-sur-mer (66)

Source : Le Quotidien du médecin: 9723