P4P : la caisse primaire des Côtes d’Armor fait-elle pression sur les médecins ?

Publié le 03/04/2012
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Crédit photo : S. TOUBON

Le 30 novembre dernier, la directrice de la caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) des Côtes d’Armor envoyait une lettre à l’ensemble des médecins du département pour les informer de l’entrée en vigueur de la nouvelle convention et de son dispositif phare, le paiement à la performance (P4P). « Vous êtes libre d’intégrer ou non ce dispositif de paiement à la performance, écrit-elle. En l’absence d’une notification de refus par lettre recommandée, vous êtes considéré comme y adhérant. Néanmoins, vous restez libre d’intégrer ou de sortir du dispositif à tout moment ». Si ce courrier ne pose pas de problème particulier, il n’en va malheureusement pas de même pour le suivant.

Le 26 mars dernier, Estelle Oléron, responsable du service santé ville de la même caisse primaire répond à un médecin généraliste du département qui lui faisait part de son souhait de sortir du dispositif du P4P. « Pour faire suite à votre demande, lui écrit-elle, je vous remercie de bien vouloir m’adresser un courrier en ce sens. Je tiens à vous préciser que, désormais, le refus d’adhérer à ce dispositif entraîne automatiquement le déconventionnement du praticien. »

À la CSMF, le Dr Chassang est catégorique : « Chaque médecin est libre d’adhérer ou non à ce dispositif, et quand il y a adhéré, il peut le quitter à tout moment. Aucune sanction n’est prévue par la convention ». Le patron de la CSMF juge ironiquement que ce courrier ne peut être « qu’une bonne blague de la caisse ».

Mais à la CPAM des Côtes d’Armor, le directeur adjoint, Fabrice Martin, rit jaune. « La formulation de ce courrier est incorrecte », admet-il, manifestement gêné aux entournures. Y aurait-il dans ce département beaucoup de médecins tentés de sortir du dispositif, et la caisse essaierait-elle par ce moyen de les en dissuader ? Certainement pas, argumente Fabrice Martin qui plaide l’erreur administrative. Selon lui, « les sorties départementales du dispositif du P4P sont marginales, inférieures à 5 % des médecins ».

 H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr