P4P : déçus, remplaçants et jeunes généralistes veulent mieux comprendre les rouages du système

Publié le 10/05/2013
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Crédit photo : S. TOUBON

Les jeunes généralistes ont touché début avril, comme leurs confrères plus âgés, les premiers fruits du paiement à la performance (P4P). Mais ils n’ont pas perçu, loin s’en faut, les mêmes dividendes.

Un médecin traitant ayant au moins 200 patients a bénéficié d’une prime moyenne de 5 365 euros au titre de la rémunération sur objectifs de santé publique pour 2012. Ce montant est très supérieur à celui qui a été versé aux jeunes professionnels (moins de 40 ans), qui dans la plupart des cas n’a pas excédé quelques centaines d’euros.

A chaque caisse, ses règles

Le regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (REAGJIR) cherche à comprendre les raisons de ce différentiel. Il a lancé fin avril une enquête sur son site Internet. « Nous voulons avoir un état des lieux sur ce qui pèche, mieux connaître le fonctionnement du dispositif, et obtenir des directives claires de la CNAM à destination de ses caisses primaires », explique Bérengère Crochemore, porte-parole de REAGJIR.

Déjà 100 réponses

Dans le questionnaire anonymisé qu’il met en ligne, le syndicat demande aux jeunes confrères installés depuis moins de 5 ans, y compris les collaborateurs libéraux, de préciser le montant de leur prime, la taille de leur patientèle, les résultats obtenus pour chaque indicateur, qu’il s’agisse des pathologies chroniques (diabète, HTA), du taux de génériques prescrits (antibiotiques, IPP, statines, antihypertenseurs...), de la prévention (cancers du sein, du col de l’utérus, vaccination antigrippale...) ou des items déclaratifs (organisation du cabinet, logiciel d’aide à la prescription...).

Pour plus de lisibilité

REAGJIR a déjà reçu une centaine de réponses. « Nous nous sommes aperçus que des adhérents qui étaient dans la même situation avaient reçu des réponses différentes de leur CPAM », explique Bérengère Crochemore. Les conditions d’attribution de la prime selon la date d’installation n’ont pas été identiques dans toutes les régions. « Des médecins installés depuis 2011 avec parfois plusieurs centaines de patients n’ont rien perçu alors que d’autres installés plus récemment ont eu droit à une prime, ajoute la porte-parole de REAGJIR. Les jeunes médecins veulent que le système soit plus lisible. »

Mi-février, MG France s’était ému des conditions d’attribution de la prime pour les jeunes médecins, le dispositif prévu pour le calcul des indicateurs cliniques étant « gravement pénalisant pour les nouveaux installés dont la patientèle n’était pas correctement prise en compte ». Le mode de calcul devait être modifié pour tenir compte de la patientèle au dernier jour de l’année civile et non au début. Cela n’a semble-t-il pas été le cas dans toutes les régions.

Il reste du travail pour rendre le P4P plus performant auprès des jeunes médecins.

 CHRISTOPHE GATTUSO

Source : lequotidiendumedecin.fr