EUROGIN à Prague du 8 au 11 juillet

ORL, proctologie, dermatologue : HPV s’exporte hors de la gynécologie

Publié le 05/07/2012
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Crédit photo : BSIP

L’ACCENT est mis sur les nouvelles connaissances de l’infection à papillomavirus (HPV) et cancer du col utérin, les nouvelles expériences de l’introduction du test HPV dans le dépistage primaire et les stratégies de prise en charge pour les dépistages positifs, l’impact des programmes de vaccination HPV en vie réelle, la mesure du risque selon des paramètres précis et les modalités d’évaluation diagnostique et thérapeutique plus pertinentes.

L’édition 2012 affiche des objectifs engagés.

1. Une volonté d’offrir un programme de formation et d’éducation à nos collègues gynécologues des pays de l’Est où, au plus proche de nos frontières, le cancer du col utérin tient le haut de la barre. Le dépistage y est insuffisant (1) et l’offre vaccinale erratique y est peu accessible (2).

2. Un effort particulier multidisciplinaire pour renforcer les échanges et partager les expériences à l’attention des spécialistes en marge de la gynécologie, confrontés aux pathologies à HPV et pour lesquels aucun dépistage n’est disponible.

- En ORL, le lien entre HPV et cancer de l’oropharynx désormais établi, ouvre un champ nouveau de recherche fondamentale et appliquée. L’incidence des cancers de l’oropharynx, HPV associé, en particulier pour le type 16, est en augmentation partout dans le monde. L’HPV est retrouvé dans 60 à 80 % des biopsies, deux fois plus que dix années auparavant. Le risque est à attribuer aux comportements sexuels orogénitaux. Cette nouvelle entité se caractérise par un meilleur pronostic de la maladie comparé aux cancers non liés à l’HPV, en particulier chez les non-fumeurs (3).

- En proctologie, le cancer anal est en augmentation surtout dans les populations à risque (homosexuels hommes, séropositifs pour le VIH, immunodéprimés), à l’origine d’une mortalité et d’une morbidité marquées. L’incidence du cancer anal varie de 35 à 144/100 000 chez les homosexuels VIH négatifs et positifs respectivement (4). L’HPV 16 est de loin le type le plus fréquemment retrouvé.

- En dermatologie, l’HPV est un marqueur de risque puissant de certains cancers de la vulve et du pénis (5-6). L’HPV 16 est le plus prévalent. Les cancers de la peau HPV associés sont particulièrement prépondérants chez les immunodéprimés.

Toutes ces données largement présentées durant la conférence ouvrent la voie à l’extension de la vaccination du garçon et devraient se traduire, avant sa mise en œuvre à large échelle, en stratégies coût/bénéfice mieux définies.

3. Une priorité clairement affichée par EUROGIN à mettre en œuvre un programme de formation des professionnels et d’éducation du public.

a) À l’intention des professionnels, le lancement de 2 actions pédagogiques ambitieuses

- Un projet de formation en ligne sur les pathologies associées aux HPV. Il est destiné aux acteurs du dépistage, de la prévention et de la prise en charge de ces pathologies. Ce programme de formation en ligne multilangues (5 langues disponibles), gratuit, convivial et ludique, accrédité par les institutions européennes (7) (EACCME), permet de comptabiliser des points de FMC dans tous les pays de l’Union européenne.

- La 4e Roadmap d’EUROGIN, qui a impliqué 14 experts mondiaux, est disponible depuis peu en ligne. Elle fait le point sur l’état des connaissances et les nouvelles stratégies de dépistage et de prévention du cancer du col ainsi que sur les pathologies non génitales à HPV.

b) À l’intention du public, le forum WACC réunit les associations internationales en santé de la femme pour échanger et partager les données de la recherche, les expériences et proposer des programmes de « best practice » adaptés.

Mourir par négligence ou ignorance est toujours d’actualité dans ce domaine. La recherche serait vaine sans que professionnels, patients et autorités sanitaires aient pris conscience des enjeux de la prévention, balaient les préjugés et les idées reçues et s’engagent dans une démarche proactive pour la prévention.

1. Antilla A., EJC, 2009.

2. Arbyn M., Int. J. Cancer, 2012 en ligne.

3. Chaturvedi A.K., J. Clin. Oncol., 2011.

4. Machalek D.A., Lancet Oncol., 2012.

5. Bleeker M.C., World J. Urol., 2009.

6. Hordias U., Int. J. Gyn. Path., 1996.

7. www.eurogin.com.

J. MONSONEGO Président du comité scientifique d’Eurogin.

Source : lequotidiendumedecin.fr