Organisation des ECNi : le CNG bientôt au chomâge technique ?

Par Sophie Martos
Publié le 18/01/2019
- Mis à jour le 15/07/2019

Alors que les épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) sont condamnées à disparaître d'ici à quelques années, le Centre national de gestion (CNG), organisateur de l'examen, s'interroge sur sa future place dans le cursus santé. 

Grande fierté de cette maison, l'institut orchestre les ECN informatisées depuis trois ans et 18 autres concours nationaux médicaux regroupant 23 000 candidats.

Lors de ses vœux, Danielle Toupillier, directrice générale, a affirmé qu'elle sera encore chargée des épreuves officielles de juin jusqu'à 2021 (date des dernières ECN). Mais au-delà, aucune directive n'a pour l'instant été donnée à l'institution. « La réforme du 2e cycle des études médicales doit conduire à la suppression de ces épreuves, sans que soit précisé, à ce jour, si le CNG sera appelé un jour à jouer un rôle dans le cadre du nouveau dispositif », déclare-t-elle.

Actuellement, la logistique et les modalités d'évaluation des connaissances, des compétences et du parcours des étudiants du nouveau second cycle ne sont pas encore arrêtées. 

Ce silence est-il un second mauvais présage ? Déjà, courant novembre, le CNG a été délesté de l'organisation technique des ECNi tests de mars 2019, après des arbitrages interministériels justifiant que ces examens « sont à vocation purement universitaire ».

Dans son discours, Danielle Toupillier a insisté sur le travail titanesque que demande l'organisation de ces épreuves dématérialisées et la nécessité d'experts pour mener correctement cette mission. « Même si l'ensemble des acteurs a salué, en 2018, la qualité de la mise en œuvre de ces épreuves par le CNG – fiabilité, sécurité, réactivité –, celles-ci restent hautement sensibles aussi bien sur le plan technique, organisationnel, financier, qu'humain », souligne-t-elle.

Environ 8 500 candidats s'inscrivent chaque année à cet examen classant puis choisissent leur spécialité et leur CHU d'attachement pour leur internat.

« Il est important de rappeler que cette mission a été, depuis l'origine, entièrement prise en charge sur les ressources humaines et financières de l'établissement, sans apport nouveau », ajoute la patronne du CNG.

2 800 CESP pour 2019

Dans un autre registre, Danielle Toupillier s'est dite satisfaite de la montée en charge des contrats d'engagement de service public (CESP) ouvert en 2010. Ce dispositif vise à lutter contre la désertification médicale en offrant une allocation de 1 200 euros brut par mois aux étudiants et internes à partir de la 2e année d'étude (médecine et odontologie) contre l'engagement à exercer dans une zone sous-dotée pendant une durée équivalente à la durée de versement de l'allocation. En 2017-2018, 549 nouveaux jeunes ont été séduits par ce système, ce qui porte à un total de près de 2 300 contrats « pris en charge à effectif constant ». L'année 2019 promet d'être tout aussi positive. Le CNG estime qu'elle enregistra « une progression comparable du nombre de ces contrats pour atteindre environ 2 800 bénéficiaires »


Source : lequotidiendumedecin.fr