Oméga 3 contre DMLA féminine

Publié le 17/03/2011
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Crédit photo : @ BSIP

En prévention ou pour ralentir la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), il ne semble exister rien d’autre que de recommander l’arrêt du tabac. Ce qui paraît bien mince. Dès lors, toute action thérapeutique dans ce sens serait bienvenue, expliquent des médecins de Boston, William G. Christen et coll., tant sur le plan individuel que de la santé publique. Ils se sont tournés vers les acides gras oméga 3. En effet, leur rôle en prévention cardio-vasculaire est bien connu et ces maladies partagent des mécanismes avec la DMLA. Enfin, ces acides gras exercent des actions anti-inflammatoires, antiathéroscléreuses, antithrombotiques et favorisent le flux sanguin choroïdal. L’hypothèse de départ s’est montrée valide avec une protection estimée à 35 à 45 %.

En 2003 a commencé l’envoi de questionnaires à des femmes, professionnelles de santé. Il s’agissait d’une enquête alimentaire. Sur près de 40 000 courriers, 38 022 participantes ont répondu. Un suivi ophtalmologique a été assuré pendant 10 ans à la recherche d’une DMLA, dont elles étaient toutes indemnes à l’enrôlement. L’objectif était d’évaluer de façon prospective l’incidence de l’affection et de chercher un lien avec l’alimentation.

En une décennie de suivi, en moyenne 325 cas de DMLA ont été relevés, essentiellement une association de drusen et de modifications de l’épithélium pigmentaire rétinien. Les participantes du tertile de consommation la plus élevée d’acide docosahexénoïque (DHA) avaient un risque relatif de DMLA à 0,62 par rapport à celles du tertile le plus bas. En ce qui concerne l’acide eicosapentaénoïque (EPA), ce même risque passe à 0,66. Au plan strictement alimentaire, l’étude traduit une protection, avec un risque relatif de 0,58, grâce à la consommation d’au moins un plat de poisson par semaine par rapport à une fois par mois.

L’association est indépendante des autres facteurs de risque de DMLA connus. Elle se maintient après ajustement selon les apports en lipides saturés, mono-insaturés et transinsaturés.

« Arch Ophtalmol », 14 mars 2011, doi:10.1001/archophtalmol.2011.34.

 Dr GUY BENZADON

Source : lequotidiendumedecin.fr