Nouveaux métiers : en Belgique, les assistants hygiénistes redonnent le sourire aux dentistes

Par Benjamin Leclercq
Publié le 10/07/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
bruxelles

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Crédit photo : S. Toubon

C'est une petite révolution dans les cabinets dentaires belges. Demain, les dentistes seront épaulés par les hygiénistes bucco-dentaires. La création de cette toute nouvelle profession paramédicale vise à décharger les quelque 9 800 dentistes belges d'une partie de leur travail de prévention.

« Ce projet, porté par la profession depuis 2013, répond à une tendance de fond, souligne Michel Devriese, chargé des questions professionnelles à la Société de médecine dentaire de Belgique francophone : les actes à caractère préventif connaissent en effet une croissance soutenue, tandis que les soins curatifs et de conservation baissent légèrement ». Jusqu’à présent, les dentistes ne pouvaient pas déléguer cette surcharge liée à la prévention. Ce sera donc désormais possible.

Les praticiens étaient demandeurs. La Société de médecine dentaire a mené sa petite enquête auprès de ses 2 200 adhérents. Résultat, deux professions sont particulièrement favorables à une telle assistance : les orthodontistes et les spécialistes en parodontologie. 

Les patients devraient également s'y retrouver. Le ministère de la Santé belge espère que ces effectifs supplémentaires fluidifieront les consultations et amenuiseront les listes d'attente. « Quand on sait combien de temps les gens doivent parfois attendre avant d’avoir un rendez-vous chez le dentiste, ce n'est certainement pas un luxe », estime ainsi la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Maggie De Block.

Une aubaine pour les étudiants français ?

Concrètement, l'hygiéniste bucco-dentaire pourra pratiquer trois types d'actes. D'abord, des actes autonomes, tels que le conseil en brossage ou le polissage. Ensuite des actes sur prescription d'un dentiste ou d'un médecin spécialiste : détartrage, enlèvement de sutures, ou scellement des puits et fissures. Enfin, des actes dits « confiés ». Ces derniers soins devront être délivrés sous la supervision d'un dentiste. Il s'agira par exemple de détartrages sous-gingivaux, de radiologie dentaire, ou de blanchiment des dents externes.

Les autorités de santé espèrent voir les hygiénistes bucco-dentaires s'installer progressivement au sein des cabinets, mais aussi dans les hôpitaux et les centres de soins pour publics fragilisés.

Reste qu'il faudra patienter. Le tout jeune métier, qui jouira du même statut que les onze autres professions paramédicales en Belgique, n'a pas encore... de pratiquants. Les 350 premiers hygiénistes bucco-dentaires n'arriveront sur le marché qu'en juin 2019.

La Belgique compte environ 1 dentiste pour 1 150 habitants, contre 1 pour 1 600 en France (41 200 chirurgiens-dentistes en activité en 2016).

D'une durée de trois ans (contre six pour la dentisterie, huit pour la parodontologie et neuf pour l'orthodontie), cette formation pourrait bien attirer de nombreux étudiants français, habitués à passer la frontière pour étudier les métiers de la santé, où les cursus ne sont pas conditionnés par un examen d'entrée.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr