Myélosuppression après Imurel : une piste pour améliorer le dépistage des sujets à risque dans les MICI

Par
Dr Irène Drogou -
Publié le 26/02/2019
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Crédit photo : PHANIE

Seulement 25 % des sujets à risque de myélosuppression après traitement par thiopurines sont dépistés par le test pharmacologique pré-traitement basé sur le phénotypage/génotypage TPMT.

Un consortium international de recherche suggère dans le « JAMA » une piste pour améliorer la performance du dépistage dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI). Les chercheurs ont découvert de nouveaux facteurs génétiques impliqués dans la survenue de cet événement indésirable grave : trois variants NUDT15, jusque-là décrits dans le Sud-Est asiatique.

Éviter les thiopurines ou limiter les doses

Les thiopurines, azathioprine (Imurel) ou 6-mercaptopurine (Purinéthol), sont utilisées fréquemment dans la prise en charge des MICI, chez environ 1 patient sur 3. Des événements indésirables graves conduisent à arrêter le traitement dans 15 % des cas. L'incidence cumulée de la myélosuppression atteint les 7 % et survient en général dans les premières semaines de traitement.

Les variants du gène TPMT peuvent entraîner une baisse de l'activité de l'enzyme TPMT et augmenter la production de nucléotides prédisposants à la myélosuppression. Selon le niveau du déficit enzymatique, l'adaptation du traitement consiste soit à éviter les thiopurines soit en limitant les doses. Néanmoins, d'autres déterminants que les variants TPMT entrent en jeu dans 75 % des cas de myélosuppression.

Une étude cas-contrôle d'association pangénomique

Dans une étude cas contrôle chez 1 077 patients européens ayant une MICI (398 ayant une myélosuppression, 679 contrôles), l'équipe coordonnée par le britannique Tariq Ahmad suggère d'après une étude d'association pangénomique que les variants NUDT15 sont impliqués dans environ 5 % des cas.

L'association est retrouvée dans 5,8 % des cas du groupe myélosuppression par rapport à 0,2 % des cas contrôles. Les chercheurs confirment par ailleurs l'association TPMT retrouvée dans 30 % des cas du groupe myélosuppression par rapport à 16,4 % des cas contrôles. Le fait d'être porteur de l’un des 3 variants NUDT15 identifiés multipliait par 27 le risque de myélosuppression, quel que soit le statut TPMT.

Dans leur conclusion, les chercheurs appellent à développer un test prédictif incluant le statut NUDT15 pour personnaliser davantage le traitement par thiopurine dans les MICI.


Source : lequotidiendumedecin.fr