Médecine générale

MG-France réclame le C à 26 euros

Publié le 02/02/2006
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APRÈS AVOIR RÉCLAMÉ une augmentation de la valeur du C de 20 à 25 euros, MG-France souhaite désormais que l’acte de base des médecins généralistes soit rémunéré à hauteur de «26euros», au nom de «l’égalité de traitement» avec les autres spécialités. La hausse de 1 euro de la majoration de coordination des spécialistes (dans le parcours de soins) «est actée», affirme le président de MG-France, si bien que, à l’avenir, «aucun acte de base de spécialiste ne sera en dessous de 26euros». Or, pendant que le «CS passe de fait à 26euros», Pierre Costes craint que les généralistes doivent, eux, se contenter de «promesses» cette année. Il dénonce «la règle du «deux poids, deux mesures», l’aggravation du différentiel des moyens alloués» respectivement aux généralistes et aux spécialistes, derrière les «gesticulations» et les «pseudo-affrontements entre les caisses et la Csmf pour amuser la galerie comme après 1995».

Forfaits généralisés.

Si MG-France demande «C =CS=26euros», assure le Dr Costes, «ce n’est pas une histoire d’argent: la médecine générale est une spécialité très difficile, vu les situations médicales que l’on gère et la disponibilité nécessaire auprès de la population. Les étudiants ne la choisissent plus».

Or, martèle Pierre Costes, la convention qu’il a refusé de signer en 2005 «est faite pour les spécialistes» et impose aux généralistes «une usine bureaucratique» puisqu’on «leur demande d’organiser le remboursement pour le compte de la Sécurité sociale, de réguler l’accès au spécialiste et de maîtriser leurs prescriptions».

Le Dr Costes plaide en faveur d’une «généralisation du forfait annuel du médecin traitant pour la prise en charge globale» (forfait de 40 euros actuellement limité aux patients en ALD) et souhaite d’autres forfaits afin de rémunérer «les fonctions transversales de coordination et de synthèse».

Si les médecins «veulent une vraie politique pour les généralistes, des forfaits généralisés, des moyens et des outils informatiques pour le médecin traitant», ils devront «donner une majorité pour faire changer les choses» lors des prochaines élections professionnelles attendues fin mai. Et, «si les médecins généralistes ne sont pas entendus aux élections, ce sera l’affrontement», avertit le président de MG-France.

Service après-annonce.

Quant au plan démographie présenté par le ministre de la Santé, c’est de «la poudre aux yeux, du saupoudrage», dont le Dr Costes n’attend «pas d’amélioration réelle» sur les conditions d’exercice des médecins installés «en zone urbaine à 90%». Il s’agit d’un «plan-pudding ramasse-tout» pour MG-France, qui se montrera «extrêmement vigilant sur le «service après-annonce»». Le syndicat rappelle qu’il avait signé avec les caisses en janvier 2002 un accord instaurant des primes à l’installation de 13 000 euros en zone rurale, budgétées par le Formmel (Fonds de réorientation et de modernisation de la médecine libérale). «Quatre ans après, aucun médecin généraliste n’a jamais eu d’aide de 13000euros», déplore Pierre Costes. Il s’interroge également sur la portée de la majoration de 20 % des actes généralistes dans les cabinets de groupe des zones sous-médicalisées.

Cette mesure « phare » du plan gouvernemental pourrait concerner potentiellement tout au plus «dix généralistes» par département, pronostique le Dr Costes.

Enfin, MG-France constate que le plan relève le plafond de revenus des médecins retraités de plus de 65 ans qui effectuent des remplacements chez de jeunes confrères. En revanche, il regrette que les mesures prises «ne s’attaquent pas au vrai problème des médecins de plus de 55 ans qui quittent la médecine générale libérale pour rejoindre des institutions, des maisons de retraite ou la médecine du travail».

> AGNÈS BOURGUIGNON

Source : lequotidiendumedecin.fr: 7891