Les discussions du soir avec René Frydman sur France Culture

Médecins inhumains, médecins humains

Publié le 04/01/2017

Qu’est-ce qui différencie les bourreaux en blouse blanche d’Auschwitz et les médecins reconnus justes parmi les nations ?

Les régimes totalitaires ont toujours eu besoin de bras armés pour appliquer leurs crimes. Que ce soit au Rwanda, en Argentine, en URSS et bien entendu pendant le nazisme en Allemagne. Peu d’îlots d’humanité résistent quand déferle la peste brune.

Le docteur Bruno Halioua, dermatologue et historien de la médecine, a fait œuvre de mémoire en relatant les procès des 177 médecins nazis jugés à Nuremberg en 1946-1947.
De quelles expériences pseudo médicales parle-t-on dans les camps de concentration (méthodes de stérilisation des femmes, résistance à l’altitude, à l’hyperthermie, études du typhus, du paludisme inoculé à des êtres sains…) ?
La liste est longue.
A l’inverse un certains nombres de médecins ont refusé la délation, la dénonciation et ont protégé des enfants et des femmes, des hommes pourchassés parce qu’ils étaient israélites, tziganes, ou jugés déviants.

C’est cette plongée dans le monde des extrêmes à laquelle nous convie notre invité Bruno Halioua grâce aux nombreuses archives qu’il a pu consulter… Oui, des médecins humains existent, ainsi il nous raconte comment un taux de mortalité néonatale très élevé à la maternité Rotschild durant les années 41-42 cachait en fait des exfiltrations de nouveaux-nés pour préserver la vie de ces enfants.
Les faux plâtres, les fausses interventions chirurgicales, les faux certificats de maladie sont faits à cette époque par des médecins qui risquent leur vie. Qu’est-ce qui fait qu’un médecin désobéit à la chape de plomb alors que la majorité applique avec bonne conscience l’exclusion des médecins juifs hospitaliers ou l’interdiction des médecins libéraux.

Est-ce de l’Histoire ancienne ? Malheureusement non, la barbarie même en blouse blanche compte d’autres fans au XXIe siècle. 

Le code de Nuremberg, les déclarations d’Helsinki, ne sont pas le verrou absolu à l’horreur et nous devons rester vigilants car des médecins expérimentateurs pseudo-scientifiques ne sont que la partie apparente de l’iceberg. D’autres formes de non-respect de l’Homme existent et méritent d’être dévoilées.

Ecouter l'émission :



Emissions à venir :
10 janvier 2017 : Amine Benyamina, addictologue – Interdire ou accompagner les pratiques du cannabis
17 janvier 2017 : Danièle Brun, psychanalyste– Une part de soi dans la vie des autres et une part de l’autre dans la vie en soi
24 janvier 2017 : Jean-Pierre Changeux, neuro-esthéticien – Plongée dans  le cerveau de l’amateur d’art, du collectionneur, de l’artiste


Source : lequotidiendumedecin.fr