Médecine libérale : le ministre retourne les cadres du SML

Publié le 28/11/2011

Avant de prendre la parole au congrès du SML qui s’est tenu le week-end dernier à Toulouse, le ministre de la Santé avait écouté le Dr Christian Jeambrun, président du syndicat, formuler tous ses griefs à l’égard du gouvernement, et de la convention qu’il a signée l’été dernier. Mais Xavier Bertrand, avec un art consommé de la rhétorique, a su retourner les esprits des congressistes qui ne l’avaient pourtant pas accueilli avec une ferveur exagérée.

Christian Jeambrun avait insisté sur les ratés du secteur optionnel ? Dont acte, répond en substance Xavier Bertrand pour qui ce chantier de négociation n’est « pas réussi ». « J’avais deux possibilités, explique-t-il, soit attendre la signature des mutuelles, soit prendre une première garantie par la loi, même si je n’avais pas la majorité requise pour y intégrer les anciens chefs de clinique. J’ai choisi cette solution, car ce qui est pris n’est plus à prendre ». Il reconnaît tout de même qu’il n’est pas quitte avec ces anciens chefs de clinique, mais que « cette loi n’empêche pas un futur accord conventionnel ».

Les médecins dans le collimateur des caisses pour les arrêts de travail ? Le ministre a encore son mot à dire : « L’Assurance-maladie a pour principe de contrôler tout le monde, elle contrôle donc mal. Pour les arrêts maladie, il faut qu’elle cible principalement les gros surprescripteurs. »

Le ministre de la Santé a également passé en revue la dernière convention, qualifiée de « révolutionnaire et structurante. Votre signature, vous ne la regretterez pas », a-t-il assuré aux congressistes.

Enfin, abordant le thème de la simplification administrative, Xavier Bertrand a assuré que si l’Assurance-maladie n’en voulait pas, il l’imposerait. Le ministre a cité pêle-mêle la généralisation du formulaire unique pour les EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), l’entente préalable pour les dermatologues, ou encore l’interlocuteur unique pour les médecins dans les CPAM.

Après plus d’une demi-heure d’intervention sans notes, le ministre de la Santé a eu droit à une standing ovation de la part des quelque 200 congressistes présents.

 H. S. R.

Source : lequotidiendumedecin.fr