Médecine à deux vitesses, mauvaise répartition des médecins : les Français insatisfaits

Publié le 19/05/2014
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Crédit photo : S. TOUBON

À la veille de l’inauguration des salons de la santé et de l’autonomie, la Fédération hospitalière de France (FHF) dévoile un sondage commandé auprès d’IPSOS.

L’institut a sondé l’opinion d’un panel de Français vis-à-vis du système de santé. Ces personnes, qui à 73 % considèrent leur système comme le meilleur au monde, ont identifié plusieurs menaces : les problèmes de financement des dépenses de santé (94 % d’accord), la mauvaise répartition des médecins sur le territoire (91 %), l’augmentation du reste à charge, ainsi que les abus et fraudes (88 %).

Un sentiment de médecine à deux vitesses se dégage. Pour neuf sondés sur dix, ceux qui ont de l’argent ont plus de possibilités de se faire bien soigner. Et pour trois sur quatre, les innovations et meilleurs traitements ne sont pas proposés à tous les patients.

Soins trop chers, délais trop longs

Un sondé sur trois gagnant plus de 2 500 euros par mois dit avoir renoncé au moins une fois à des soins (examen ou consultation) en raison de leur coût. Ce taux grimpe à deux sur trois chez les revenus de moins de 1 500 euros. Les délais d’attente sont très hétérogènes, et jugés trop longs, en ville comme à l’hôpital.

Pour la FHF, ces résultats confortent les propositions qu’elle a faites pour freiner les dépenses et économiser 5 milliards d’euros. Les sondés, en majorité, estiment que le gouvernement ne va pas s’attaquer au fond des problèmes. « Il y a un appel au changement », analyse Frédéric Valletoux, président de la FHF.

L’éternel débat autour de l’installation médicale

Les Français, favorables à une permanence des soins obligatoire les jours fériés, les nuits et le week-end, se prononcent - comme la FHF - en faveur d’une plus grande régulation de l’installation des médecins : ils aimeraient que les équipes médicales se déplacent là où il y a moins d’hôpitaux, et qu’elles se regroupent en centres spécialisés.

Dernier enseignement du sondage : « Les hôpitaux devraient récolter plus de financements privés », aux yeux d’une majorité de Français. L’occasion de rebondir sur l’actualité : « On peut concilier la venue de patients étrangers et la prise en charge des Français sans que personne ne soit pénalisé. C’est ce qu’a fait l’AP-HP avec succès », commente Frédéric Valletoux.

D. Ch.

Source : lequotidiendumedecin.fr