À Lyon, les médecins de bloc opératoire brûlent le cercueil de la médecine libérale

Publié le 05/01/2015
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Crédit photo : DR

Ils étaient près de 450 praticiens libéraux, réunis ce 5 janvier devant l’agence régionale de santé (ARS) de Rhône-Alpes à l’appel du syndicat Le BLOC, pour protester contre la loi de santé de Marisol Touraine.

D’Annecy à Saint-Etienne, en passant par Lyon et Montélimar, chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens étaient venus de toute la région pour manifester leur colère.

« À Grenoble, les interventions étaient annulées dans trois cliniques aujourd’hui. À Lyon, c’est près de la moitié des plateaux techniques qui étaient à l’arrêt, et à Montélimar c’était même 100 % d’entre eux », assure le Dr Didier Legeais, chirurgien urologue à Grenoble et vice-président de l’Union des chirurgiens de France (UCDF). La manifestation était soutenue par plusieurs autres syndicats (FMF, CSMF et SML) ou encore par l’Union française pour une médecine libre (UFML).

La levée par la FHP (Fédération de l’hospitalisation privée) de son mot d’ordre de grève n’a donc pas empêché des perturbations dans certaines cliniques ce lundi 5 janvier.

Enterrés vivants

À Lyon, rassemblés devant l’ARS (comme dans plusieurs autres régions), les praticiens de plateaux techniques lourds, vêtus de blouses blanches ou bleues et coiffés de calotte, ont rappelé les principaux points d’achoppement de la loi, tout en déposant dans un cercueil des ordonnances, des feuilles de soins ou même leurs caducées.

Puis, ils ont mis le feu au cercueil, afin de symboliser la crémation de la médecine libérale. « Marisol Touraine a décidé de nous enterrer vivants, dénonce le Dr Didier Legeais. Sa loi est une nationalisation de la médecine libérale, qui va détruire ses principaux piliers », estime-t-il. Il précise que ce n’est pas de gaieté de cœur que ses confrères en sont venus à cesser le travail.

« Nous espérions ne pas en arriver là, car il n’est pas facile d’arrêter des blocs opératoires, mais la ministre ne veut pas dialoguer. Elle s’est contentée d’écrire une lettre d’intention, qui pour nous n’a aucune valeur. Nous ne pensons pas qu’elle changera une virgule à son projet de loi. »

Écoute

Les praticiens de bloc opératoire dénoncent notamment les « attaques » contre la liberté de choix des patients, et contre leur liberté de prescription. Comme nombre de leurs confrères, ils sont opposés au tiers payant généralisé obligatoire et ne croient pas aux promesses ministérielles d’un système simple et fiable.

« L’assurance-maladie paie déjà certains de nos actes avec deux ans de retard. Nous ne lui faisons pas confiance pour mettre en place un système fiable pour le tiers payant », ironise le Dr Legeais.

Suite à la manifestation, des représentants des praticiens ont été reçus par la directrice générale de l’ARS Rhône-Alpes. « Son accueil et son écoute semblaient sincères, elle a promis de transmettre à Marisol Touraine nos revendications », souligne le Dr Didier Legeais.

Anne-Gaëlle Moulun

Source : lequotidiendumedecin.fr