Lombalgies : des patients qui en ont plein le dos

Publié le 27/10/2003
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« Devant une première crise, le contexte psycho-social est le seul prédicteur fiable d'une évolution vers la chronicité », déclare le Dr Christophe Hudry (rhumatologie, hôpital Cochin). Le fait de retrouver une pathologie vertébrale commune ne permet en aucun cas de prévoir le devenir de l'affection.
Le « mal de dos » est avant tout un symptôme derrière lequel se regroupent beaucoup de pathologies. C'est un problème fréquent qui touchera au moins une fois dans sa vie plus d'une personne sur dix sur un mode aigu invalidant. Une minorité (7 % environ) va évoluer vers la chronicité, mais cette partie des patients est responsable de 95 % des dépenses de santé allouée à cette pathologie. Une étiologie maligne doit être recherchée, mais est rarement à l'origine de cette pérennisation.
Un premier accès lombalgique est a priori bénin, sauf s'il survient après l'âge de 50 ans ou s'il s'accompagne d'amaigrissement ou de signes infectieux. Des antécédents personnels de cancer, la survenue de réveils nocturnes ou la constatation de raideur globale à l'examen sont également suspects. En dehors de cette éventualité, les seuls facteurs confondants actuellement reconnus dans les lombalgies communes sont d'ordre psycho-social. L'importance des signes cliniques initiaux ou la découverte d'une anomalie anatomique touchant l'architecture vertébrale (muscle, ligament, disque intervertébral...) ne permettent pas de se prononcer. La maladie va s'installer de façon durable chez les patients vivant dans un contexte difficile, soit au sein de leur entreprise, soit dans leur milieu familial. Les cas survenant dans le cadre d'une pathologie du travail (transport, position du poste) sont également de mauvaise augure.
Le contexte professionnel et familial doit donc être pris en compte avant de définir une stratégie thérapeutique. La prévention reste primordiale. Elle est basée sur une meilleure ergonomie du poste de travail, mais aussi et surtout sur une prise en charge personnelle (lutte contre le surpoids et exercice physique, gestion de la vie quotidienne, port d'une ceinture lombaire). Sans oublier le soutien psychologique : la lombalgie touche les patients qui, selon l'expression populaire « en ont plein le dos ».

Conférence de presse organisée par les Laboratoires Cooper.

Dr Jean-Luc BREDA

Source : lequotidiendumedecin.fr: 7413