Loi de santé, tarifs : les généralistes de l’UNOF prêts à en découdre

Publié le 16/02/2015
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Crédit photo : S. Toubon

Pas de mots doux au gouvernement pour la Saint-Valentin, mais plutôt un discours de divorce consommé... Réunie en assemblée générale « tonique » à Paris le 14 février, l’UNOF, branche généraliste de la CSMF, a décidé d’amplifier et durcir les actions de mobilisation pour « imposer la réécriture de la loi de santé et des revalorisations tarifaires pour les médecins généralistes », deux revendications jugées désormais « indissociables ».

La rue étant « la seule voie pour obtenir des avancées », le syndicat présidé par le Dr Luc Duquesnel (réélu pour quatre ans) appelle l’ensemble des généralistes libéraux à manifester le 15 mars à Paris, dans le cadre de la journée nationale unitaire (à l’initiative des internes au départ mais à laquelle les organisations de praticiens installés se sont ralliées).

Mais l’UNOF va aujourd’hui plus loin en recommandant désormais un week-end entier « sans généralistes ». Le syndicat appelle ainsi à la fermeture des cabinets médicaux et à la grève de la permanence de soins « du vendredi 13 mars à 20 heures au lundi 16 mars à 8 heures », la manifestation étant le point d’orgue de cette séquence protestataire. Autres outils de pression (re)mis en avant : le boycott « systématique » des délégués de l’assurance-maladie par la profession et la poursuite de la grève administrative.

Médecine générale « dépecée »

Face à la « grave crise que subit la médecine générale », « dépecée de toute part », le syndicat a adopté trois motions qui réaffirment ses revendications alors que la concertation est censée se poursuivre cette semaine autour des points conflictuels de la loi de santé.

Pour l’UNOF, la « réécriture » (sous forme d’amendements) de ce projet de loi « anti-médecine libérale » passe par l’abandon prioritaire du « démantèlement de la fonction médicale de médecin généraliste » (pratiques avancées, vaccination aux pharmaciens...),l’abrogation évidemment du tiers payant généralisé mais aussi de toutes les mesures jugées « bureaucratiques » comme le service territorial de santé au public (STSP auquel l’UNOF propose de substituer des contrats territoriaux d’initiative libérale).

La deuxième exigence concerne l’ouverture d’une négociation « urgente » sur la valeur des actes, sous la forme d’un avenant tarifaire que le ministère de la Santé renvoie après les élections professionnelles (donc pas avant 2016). « Rémunérer 23 euros une consultation de médecine générale est devenu indigne », lit-on dans la motion sur les tarifs.

L’UNOF réclame la MPC pour les généralistes !

Petite révolution sur le terrain tarifaire : en attendant le « C = CS = 25 euros », l’UNOF réclame désormais (comme MG France et la FMF) le droit pour les généralistes d’appliquer « immédiatement » la cotation MPC de deux euros, à l’instar de toutes les autres spécialités (ce qui porterait la consultation à 25 euros).

Cette offensive sur la MPC de la branche généraliste risque de faire des vagues au sein de la CSMF, la « maison mère » n’ayant jamais porté cette délicate revendication (c’est l’avenant 19 à la convention de 2005, signé notamment par la Confédération, qui avait organisé les modalités de cotation de la MPC excluant justement la médecine générale). « Il n’y a pas d’autre porte de sortie, la situation actuelle est insupportable, humiliante pour les généralistes, justifie ce lundi au « Quotidien » le Dr Luc Duquesnel (UNOF). À l’époque [fin 2006], l’avenant 19 avait sa raison d’être, huit ans après c’est différent. »

Les autres demandes tarifaires de l’UNOF concernent l’élargissement des conditions d’application de la MCG à « l’ensemble des actes de coordination », le bénéfice de majorations pour valoriser des consultations complexes ou encore l’extension de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) permettant « le financement d’un secrétariat physique ». En cas d’absence de revalorisation tarifaire, l’UNOF précise qu’elle comprendrait « tout mouvement tarifaire spontané ». La branche généraliste de la CSMF annonce qu’elle n’hésitera pas à s’engager dans « des actions beaucoup plus dures si le gouvernement n’apportait pas les réponses attendues ».

Cyrille Dupuis

Source : lequotidiendumedecin.fr