Loi de santé : pourquoi les médecins des centres de santé ne feront pas grève

Publié le 12/12/2014

À contre-courant de la majorité des instances représentatives des professionnels de santé, l’Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS) n’appelle pas les quelque 2 200 généralistes salariés des 400 structures polyvalentes et médicales de France à faire grève à la fin de l’année.

S’ils comprennent la colère des médecins libéraux, urgentistes et des cliniques, et s’ils estiment pareillement le projet de loi « insuffisant », les médecins des centres jugent illusoire de se battre pour un système de santé « déjà en phase terminale »*.

Fin d’un cycle

« Nous, médecins de centres de santé, ne ferons pas grève, car nous ne voulons pas entretenir l’illusion que le système doit durer jusqu’à l’agonie », explicite le Dr Éric May, président du syndicat.

Selon le médecin salarié du centre de Malakoff (Hauts-de-Seine), le « lamentable » échec des négociations sur la rémunération des équipes libérales, « qui menacent de faire sombrer avec elle l’accord national des centres de santé » illustre la fin d’un cycle.

Favorable au tiers payant généralisé – « une excellente initiative de Marisol Touraine » – et appréciant le volet prévention du projet de loi de santé, le Dr May regrette toutefois que le texte ne donne pas « l’indispensable élan » à la création de nouvelles structures de santé.

Avantages du salariat

Et de rappeler les avantages de l’exercice médical en centre : travail organisé déjà en équipe pluriprofessionnelle, salariat « avec tous les avantages liés à ce statut » (congés maternité, formation), indépendance d’exercice garantie, « trajectoires efficientes » des patients avec l’hôpital, délégation des fonctions autres que purement médicales (informatique, secrétariat, facturation, gestion du tiers payant intégral).

« Ce que nous voulons pour Noël ? Que la révolution du premier recours se concrétise enfin ! », concluent les médecins salariés des centres.

* La Fédération nationale des centres de santé (FNCS) a pour sa part apporté son soutien au front généraliste qui appelle à la fermeture des cabinets les 23 décembre et 6 janvier.

Anne Bayle-Iniguez

Source : lequotidiendumedecin.fr