L'INSTITUT de radioprotection et de sûreté nucléaire (Irsn) a annoncé avoir découvert un 24e cas grave d'irradiation survenu à l'hôpital d'Epinal. Au total, 24 patients ont reçu une surdose d'au moins 20 % lors d'un traitement de cancer de la prostate entre mai 2004 et août 2005, à l'hôpital Jean-Monnet.
Les 397 autres personnes traitées pour un cancer de la prostate par radiothérapie conformationnelle entre 2001 et novembre 2006 ont été concernées par une «erreur de comptage des doses délivrées, qui a conduit à une sur-irradiation plus faible, de l'ordre de 8%», souligne l'Irsn dans un état des lieux de l'ensemble des interventions radiothérapiques menées à Epinal de 2001 à novembre 2006. Cette erreur, qui induit pour ces patients un risque supplémentaire, pourrait expliquer le taux important des effets secondaires, estimé à 32 % (140 personnes) par une enquête téléphonique menée auprès d'eux. «Sous réserve de la confirmation du caractère radio-induit des troubles déclarés par les patients, qu'il est nécessaire d'établir à partir d'un examen clinique, un taux d'incidence de rectites radio-induites de 32% placerait la cohorte d'Epinal au-delà des taux constatés dans les études internationales», selon le Pr Patrick Gourmelon, qui pilotait l'étude.
Un numéro Vert.
Xavier Bertrand a demandé que ces 397 personnes fassent l'objet d'un suivi médical personnalisé. En outre, pour répondre aux questions de toute personne ayant été traitée en radiothérapie à Epinal, l'hôpital a mis en place un numéro Vert médicalisé (0800.641.612).
En revanche, aucune erreur systématique n'a été identifiée pour les autres indications et les autres protocoles de radiothérapie mis en oeuvre à Epinal qui concernent 3 602 patients.
Le dossier du 24e patient, «qui a une symptomatologie grave, n'avait pas été vu par l'équipe médicale de l'hôpital. L'Irsn, par une étude extrêmement précise et systématique, a permis de l'informer», a expliqué le directeur de l'Agence régionale d'hospitalisation de Lorraine.
Parmi les vingt-quatre victimes les plus sévèrement touchées, vingt sont blessées et quatre décédées, selon le nouveau bilan de l'Irsn. «Nous ne sommes pas égaux devant les radiations. Certains sont résistants, d'autres sensibles», a rappelé le Pr Gourmelon.
Un premier rapport avait été rendu par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui avait ciblé des défaillances à répétition à l'origine de cet accident, le plus grave du genre jamais survenu en France. Le groupe de travail technique sur la sécurité en radiothérapie, qui a commencé ses travaux le 13 mars dernier, rendra ses propositions d'ici au 15 avril. Quant à la Société française de radiothérapie oncologique (Sfro), elle doit également faire d'ici à la fin du mois d'avril des propositions chiffrées, selon un calendrier précis, sur l'amélioration des moyens humains en radiothérapie.
Pause exceptionnelle de votre newsletter
En cuisine avec le Dr Dominique Dupagne
[VIDÉO] Recette d'été : la chakchouka
Florie Sullerot, présidente de l’Isnar-IMG : « Il y a encore beaucoup de zones de flou dans cette maquette de médecine générale »
Covid : un autre virus et la génétique pourraient expliquer des différences immunitaires, selon une étude publiée dans Nature