L’innovation ne conduit pas nécessairement au toujours plus technologique. Les contraintes économiques se révèlent également génératrices de progrès. En témoigne la matinée organisée le 16 avril dernier par le Snitem sur l’imagerie. Les premières communications ont certes brossé le tableau d’une spécialité encore jeune. Elle vient de souffler ses cent premières bougies et ne cesse d’élargir ses champs de compétence. Dans les services d’urgence, elle réduit de manière massive l’incertitude et diminue ainsi les erreurs médicales. En cancérologie, la radiologie désormais interventionnelle soulage les patients. Elle n’est plus seulement à visée diagnostique mais est désormais prescrite dans un but thérapeutique. Elle génère aussi des gains de productivité. Ce qui n’est pas toujours entendu par les autorités administratives. Les progrès accompagnent ainsi la mise sur le marché de machines plus économes, plus sûres en matière de radiation.
Retard d’équipement
La loi de santé qui vient d’être votée prend acte de ces mutations. En autorisant le gouvernement à procéder par ordonnance, le critère d’activité généré par l’imagerie se substitue à l’aspect purement comptable du nombre d’équipements. Bref, à une logique purement malthusianiste, les responsables politiques optent plutôt pour une logique d’efficience. La France il est vrai, accuse un retard d’équipement dénoncé à plusieurs reprises. La moyenne d’IRM s’établit à 7,52 appareils par million d’habitant. Elle se hisse à 10,3 en Allemagne, 12,12 aux Pays-Bas et 31,35 aux Etats-Unis. En Corée du Sud elle atteint 21,33 appareils par million d’habitants.
300 nouveaux équipements
Le rattrapage s’opère toutefois. Selon le ministère, plus de 300 équipements ont été installés ces quatre dernières années. Le parc d’IRM comprend 787 unités en 2015. Pour autant, les contraintes économiques pèsent de plus en plus lourdement sur les choix opérés par les responsables entre les différentes innovations. Faudra-t-il demain arbitrer entre les innovations diagnostiques et thérapeutiques ? Dans le même temps, les nouveaux produits présentés par les industriels sont loin de relever de l’innovation de rupture. Selon le rapport d’activité de la HAS en 2013, moins de 5 % des médicaments évalués par la Commission de transparence ont bénéficié d’une ASMR 1 à 3. Au-delà du secteur de la santé, les gouvernements sont confrontés à d’autres urgences à traiter. Il faut aussi répondre aux demandes de formation, d’éducation ou de la sécurité. Aujourd’hui, les dépenses en matière de santé progressent plus vite que le PIB. Mais pour combien de temps ?
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