Faut-il sauver les cliniques privées ? Contre toute attente, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Dress)*, en 2009 par rapport à 2005, la part de marché du secteur public s’est élevé à 60,2 % (+ 1,5 %) alors que dans le même temps celle du secteur privé s’est contractée pour s’établir à 31,3 %. Cette bataille a épargné le secteur privé à but non lucratif, dont la part reste stable à 8,4 %. C’est grâce à la chirurgie et à l’obstétrique que le public connaît ces bonnes performances. Mais les logiques à l’origine de ces résultats sont différentes entre les deux secteurs. En obstétrique, l’hôpital public bénéficie en premier lieu de la fermeture de nombreuses petites maternités privées de proximité. D’où un accroissement mécanique des parts de marché. En chirurgie, le gain observé est le résultat d’une stratégie de reconquête notamment en chirurgie ambulatoire et dans les interventions complexes et mieux valorisées. Le développement de la chirurgie ambulatoire apparaît comme la priorité absolue pour les deux secteurs. Dans l’hospitalisation privée, on note ainsi une réduction significative du nombre de séjours en hospitalisation complète (-14,1 %) alors que dans le même temps, les séjours en hospitalisation partielle connaissent une hausse de 17,3 %. À l’hôpital public, la progression est spectaculaire pour l’hospitalisation partielle (+46,8 %), sans diminution parallèle de l’hospitalisation complète. Ce qui explique comment sur ce créneau d’avenir, l’hospitalisation publique a conquis quatre points de part de marché. Cette agressivité de l’hôpital public s’illustre par l’exemple de la cataracte. Entre 2005 et 2009, les interventions réalisées en ambulatoire doublaient de 38 % à 76 %. Et rejoignent ainsi les performances du secteur privé (79 %). Pour autant, la marge de progression est considérable pour l’hôpital public. 75 % de ce type d’opérations sont encore réalisées dans les cliniques privées.
D’autant que sur la même période, le secteur privé est en net repli pour certaines interventions très fréquentes comme les appendicectomies, les amygdalectomies, les végétations et drains transtympaniques (-21 % en cinq ans). Faut-il invoquer les progrès en imagerie à l’origine de diagnostics plus précis ou un plus grand respect pour les recommandations professionnelles ?
Au-delà des explications déjà avancées dans cette étude, les performances de l’hôpital public s’expliquent aussi par le rejet des dépassements d’honoraires exigés par certains chirurgiens en cliniques privées. Conjugué aux effets de la crise, le seuil d’acceptabilité semble avoir été ici et là dépassé. Les responsables de l’hospitalisation privée ont sonné la sonnette d’alarme à plusieurs reprises. Seront-ils entendus par leurs chirurgiens ?
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