L’étude REFLEX pour mieux connaître les valvulopathies du Mediator

Publié le 20/01/2012
1327078401317428_IMG_76008_HR.jpg

1327078401317428_IMG_76008_HR.jpg
Crédit photo : AFP

Rappelons que le Mediator a été indiqué pendant plus de trente ans comme traitement adjuvant d’un régime adapté chez les diabétiques en surpoids, avant d’être retiré du marché en novembre 2009. Son utilisation aurait entraîné chez un certain nombre de patients des atteintes des valves cardiaques, responsables d’au moins 500 décès à ce jour en France, indique un document de l’INSERM.

L’étude REFLEX (recherche sur l’évolution des fuites valvulaires et benfluorex) est mise en place pour caractériser ces valvulopathies, dont l’évolution reste mal connue.

Compte tenu de l’enjeu sanitaire lié à ce médicament, l’AFSSAPS a sollicité l’INSERM à cette fin. L’équipe d’épidémiologie dirigée par le Dr Mahmoud Zureik (INSERM U700) a lancé l’étude REFLEX. « L’objectif est d’observer l’évolution des valvulopathies liées ou non au benfluorex et d’identifier des facteurs prédictifs de cette évolution », explique M. Zureik. Pour cela, à l’inclusion d’un patient dans l’étude, le cardiologue indique si la maladie est liée sûrement, peut-être ou pas à la prise du médicament. Les auteurs vont prendre aussi en compte plusieurs facteurs susceptibles d’influer sur l’évolution des valvulopathies : durée du traitement par benfluorex, délai écoulé depuis l’arrêt du traitement, âge, sexe, sévérité du diabète et traitements médicamenteux, pathologies cardiaques ou extracardiaques, prise antérieure ou contemporaine d’autres molécules. Ils tenteront ensuite d’identifier des facteurs prédictifs d’évolution.

Près de 400 patients ont déjà été inclus dans l’étude depuis septembre dernier. Ils doivent avoir pris du Médiator entre 2006 et 2009 et présenter une valvulopathie de grade au moins égal à 1. Au total, environ 1 000 patients devraient être recrutés dans près de 60 centres de cardiologie. Ils auront une échographie cardiaque couplée à un doppler chaque année pendant trois ans. Les résultats seront relus par un comité d’experts pour la cotation de la sévérité des atteintes.

Une étude réalisée en 2010 chez plus d’un million de diabétiques (« Pharmacoepidemiology and Drug Safety », 2010; 9999; 1-7) a montré que la prise de benfluorex triple le risque d’hospitalisations pour valvulopathie et que le risque est fonction de la dose reçue.

Voir également notre vidéo sur ce sujet.

 Dr BÉATRICE VUAILLE  

Source : lequotidiendumedecin.fr