LE COMBAT contre le cancer est, on le sait, l'un des grands chantiers du second mandat de Jacques Chirac et l'une de ses fiertés. Il l'a redit devant les spécialistes rassemblés à l'Elysée, dont les Prs David Khayat, Henri Pujol, Dominique Maraninchi et Victor Izraël, auquel il a nommément rendu hommage. «En à peine quatre ans, vous avez su briser les tabous et entraîner la société tout entière dans ce qui est en réalité un combat pour la vie», a-t-il souligné, en leur disant «du fond du coeur, et très simplement, merci».
Et le chef de l'Etat d'énumérer les progrès accomplis. En matière de droits des malades, avec la consultation d'annonce, les dispositifs esthétiques et la loi qui met fin «aux discriminations scandaleuses dont étaient victimes les malades du cancer dans l'accès à l'assurance ou à l'emprunt». Dans le domaine de la prévention, avec la guerre contre le tabagisme – et des mesures «qui paraissaient inenvisageables il y a cinq ans (et qui) font aujourd'hui un large consensus»–, la mise en place d'une politique globale contre les addictions, le développement du dépistage et «les progrès considérables en matière de vaccins contre le cancer du col de l'utérus». «L'éradication de cette maladie est, semble-t-il, à notre portée», a ajouté Jacques Chirac, qui «souhaite que ces vaccins soient remboursés dans les meilleures conditions et dans les meilleurs délais».
La prise en charge n'a pas moins évolué, «les moyens nécessaires» y ayant été consacrés : avec 40 % d'IRM en plus, les délais d'attente ont été divisés par deux ; les médicaments innovants «sont disponibles partout et pour tous les malades qui en ont besoin», dans chaque région,un réseau de cancérologie permet aux soignants de travailler ensemble ; et, en vertu du décret paru il y a quelques jours, la pratique de la cancérologie répondra partout aux conditions les plus rigoureuses de qualité. «Tout cela a valeur d'exemple pour l'ensemble de notre système de santé», selon le président.
La recherche n'a pas été oubliée, avec les cancéropôles, qui financent plus de 200 projets auxquels travaillent plus de 700 équipes de chercheurs. Jacques Chirac a relevé aussi l'effort particulier engagé pour découvrir des gènes de prédisposition au cancer, avec l'analyse génomique de 5 000 cancers du rein et de 10 000 cancers du poumon.
Elargir la mobilisation.
Mais de nombreux défis sont encore à relever. Il faut poursuivre l'effort en matière d'équipements, d'effectifs et de formation de personnels soignants ; continuer la lutte contre le tabagisme en combattant les trafics et en harmonisant par le haut les prix au plan européen ; combler le retard de la France en matière de lutte contre l'alcoolisme.
Au-delà, il faut élargir la mobilisation dans trois domaines que Jacques Chirac juge «essentiels». Tout d'abord, mieux prévenir les cancers liés à l'environnement et aux pollutions, en développant la veille et la recherche, actions coordonnées par l'Agence de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), «dont les moyens devront être renforcés». Ensuite, accélérer la marche vers les traitements ciblés et individualisés : nous sommes «à l'aube de progrès majeurs» et la France se doit d'être à la pointe des recherches. Enfin, aider les pays les plus pauvres car «l'élan de solidarité qui est au coeur du plan Cancer ne doit pas s'arrêter à nos frontières».
«Vous le savez, dans quelques semaines, le moment sera venu pour moi de vous servir autrement. Et je veux vous dire toute la fierté qui est la mienne d'avoir contribué à vos côtés à faire avancer ce magnifique combat pour la vie», a conclu le chef de l'Etat.
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