Les médecins libéraux du Var préparent la fermeture des cabinets contre le projet de loi de santé

Publié le 03/12/2014
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Crédit photo : DR

Dans la lignée de l’appel à la grève en faveur du retrait du projet de loi de santé relayé par leurs centrales nationales, les syndicats de médecins libéraux du Var demandent à leurs 2 200 confrères (dont la moitié de généralistes) de fermer leur cabinet médical du 23 au 31 décembre.

Le communiqué commun aux cellules départementales de la CSMF, du SML, de la FMF et de MG France reprend les arguments défendus à Paris pour stopper court le projet de loi de santé, présenté au Parlement début 2015 : organisation « étatique et hospitalocentrée » du système de santé, « dérive bureaucratique », liberté de choix du patient compromise, mainmise des complémentaires santé sur la gestion des soins, etc.

Le démantèlement de la médecine de proximité, notamment par la généralisation du tiers payant obligatoire programmée en 2017, y figure également en bonne place.

« C’est la première fois qu’une action syndicale commune est menée dans le département, commente le Dr Christian Chilli, secrétaire général de la FMF locale. Puisque ce projet de loi nous condamne à disparaître, nous voulons par notre action faire prendre conscience aux patients et aux pouvoirs publics de ce qui les attend. »

On ne baissera pas les bras

Médecin généraliste dans le village d’Ampus, au nord de Draguignan, le Dr Chilli pense qu’un grand nombre de ses confrères, las de leurs conditions d’exercice, suivront le mouvement.

« Une consœur épuisée vient de déplaquer après 20 ans d’exercice, témoigne le médecin. Un praticien roumain est venu prêter main-forte, mais est reparti au bout de six mois. Les professionnels du coin sont fatigués de la pression administrative, des tracasseries des caisses, tout cela pour 23 euros la consultation. »

Arriveront-ils à faire plier Marisol Touraine ? Rien n’est moins sûr. « Rien n’empêchera de continuer le mouvement sous une autre forme, anticipe le Dr Chilli. On commencera par fermer chaque lundi, puis on ajoutera le mardi, puis le mercredi… On ne baissera plus les bras. Ça, ce serait pénaliser les patients. »

Anne Bayle-Iniguez

Source : lequotidiendumedecin.fr