Les médecins à diplôme étranger bouchent les trous loin des CHU

Publié le 28/11/2013
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Crédit photo : PHANIE

Dans son Atlas national de 2013, l’Ordre des médecins attirait l’attention sur l’origine des diplômes des jeunes installés : « 24 % des nouveaux inscrits ont un diplôme obtenu hors de France (11,4 % européen, 12,7 % extra-européen) », notait l’institution dans son étude en juin dernier.

La publication ce jeudi des atlas régionaux de l’Ordre confirme ces chiffres en détaillant leur ventilation régionale. Pour chaque région, un chapitre est consacré à l’origine des diplômes des nouveaux inscrits au tableau durant l’année 2012.

En Ile-de-France, par exemple, 71,4 % des médecins nouvellement inscrits étaient titulaires d’un diplôme français. 10,7 % étaient titulaires d’un diplôme européen, et 17,9 % d’un diplôme extra-européen. En Champagne-Ardenne, région où il y a le moins de diplômes français parmi les nouveaux inscrits, le pourcentage tombe à 62,1 %. Les autres diplômes sont européens (26,7 %) et extra-européens (11,2 %). À l’inverse, dans les Pays de la Loire, 89,1 % des nouveaux inscrits ont obtenu leur diplôme en France, 6,8 % en Europe, et 4,1 % hors de l’Europe.

Là où la demande est forte

L’installation de ces médecins à diplôme étranger ne semble pas se faire en fonction de la densité médicale de la région, ou de sa dominante rurale ou urbaine. « Elle se produit plus facilement dans les départements où il n’existe pas de CHRU (Centre hospitalier régional universitaire) », précise le Dr Jean-François Rault, en charge de cet atlas ordinal. Les jeunes diplômés français s’installent en effet le plus souvent dans les départements où existent ces CHU, si bien que les médecins à diplôme étranger ont tendance à s’installer dans d’autres secteurs, là où la demande est la plus forte.

Le Dr Rault prend l’exemple des Pays de la Loire, région où cohabitent deux CHRU. Cette région est celle où le taux de médecins à diplôme étranger est le plus faible de France. Et ceux qui s’y sont malgré tout installés l’ont fait le plus souvent à distance d’Angers et de Nantes, les deux villes abritant les CHRU.

Si l’Ordre évalue à 24 % le pourcentage de nouveaux inscrits ayant un diplôme étranger en 2012, ce chiffre doit être rapporté à la population médicale. « Les diplômés européens et extra-européens représentent 7,8 % de l’ensemble des médecins inscrits au tableau de l’Ordre », relativise l’institution.

 H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr