Les médecins coordonnateurs en colère ne veulent pas d’un « retour aux hospices »

Publié le 03/12/2014
1417620522568988_IMG_142796_HR.jpg

1417620522568988_IMG_142796_HR.jpg
Crédit photo : S TOUBON

La secrétaire d’État à la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie a déclenché la colère des médecins correspondants. Lors des 12e assises nationales, qui viennent de se tenir à Paris, Laurence Rossignol a annoncé son intention « d’étudier les conditions dans lesquelles les médecins coordonnateurs pourraient prescrire, dans la recherche d’une prise en charge plus adéquate et adaptée » au-delà des simples situations d’urgences ou de risques vitaux.

La secrétaire d’État a également suggéré que le médecin coordonnateur devienne « le référent et l’interlocuteur de ses confrères à l’hôpital » en matière de télémédecine. Ces propos ont ulcéré le Syndicat des médecins coordonnateurs en EHPAD (SMC-EHPAD, branche de la CSMF), qui s’oppose à l’extension du pouvoir de prescription des coordonnateurs, mais aussi le Syndicat national des généralistes et gériatres intervenant en EHPAD (affilié à MG France) et le syndicat national de gérontologie clinique (SNGC).

Contre la tutelle des hospitaliers

Dans un communiqué commun, ces syndicats s’alarment d’un « retour aux hospices », qui serait selon eux dans les projets gouvernementaux. « Demain, nos aînés les plus dépendants, les plus vulnérables, risquent de n’être soignés qu’à distance, par des gériatres hospitaliers qui ne viendront même pas leur toucher la main, et auxquels ils seront télé-présentés par un médecin d’EHPAD qu’ils n’auront pas choisi ! »

Ces syndicats s’opposent ce que les médecins coordonnateurs soient mis sous tutelle de praticiens hospitaliers et demandent à Marisol Touraine de leur apporter des garanties.

« Les médecins de ville ne doivent pas être évincés », selon le SMC-EHPAD

Le SMC-EHPAD (CSMF) rappelle que les relations entre médecins traitants et coordonnateurs ne sont pas des relations de subordination. « La moitié des médecins coordonnateurs est salariée, l’autre a un exercice libre, et est également généraliste libéral », explique son président, le Dr Bernard Oddos, joint par « Le Quotidien ». Selon lui, les deux fonctions doivent être séparées. « Le médecin coordonnateur soigne l’institution. Il ne doit pas être dans le curatif, sinon il y a confusion des genres. S’il est aussi médecin traitant, ce doit être sur son exercice libéral, dans un autre temps » poursuit-il.

Ses craintes : que les médecins de ville soient évincés (alors qu’ils forment un vivier de coordonnateurs) ; que les médecins coordonnateurs soignent les résidents sans moyens supplémentaires. En outre, quel serait le modèle économique sous-jacent ? Une table ronde sur la tarification en EHPAD doit démarrer le 9 décembre, pilotée par le cabinet de Laurence Rossignol et par la direction générale de la cohésion sociale sur le plan technique, appuyée par l’IGAS. Fin des travaux prévus en juin 2015.

C. G.

Source : lequotidiendumedecin.fr