Les médecins californiens vont-ils devoir souffler dans le ballon ?

Publié le 04/11/2014
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Crédit photo : Phanie

En Californie, l’abus d’alcool chez les médecins est un enjeu politique : dans le cadre des élections de mi-mandat qui se déroulent ce mardi 4 novembre aux États-Unis, les citoyens californiens sont appelés à se prononcer sur une proposition, la numéro 46, qui veut légiférer sur la question.

Si celle-ci était adoptée, les hôpitaux devraient faire passer à leurs médecins des contrôles aléatoires pour vérifier s’ils sont sous l’emprise de l’alcool ou d’autres substances. Et en cas d’événement indésirable, le praticien mis en cause devrait obligatoirement être soumis à un test dans les douze heures.

La campagne bat son plein. Les partisans de cette proposition mettent en avant une étude montrant que 18 % des médecins ont des problèmes de drogue ou d’alcool. Ils font délibérément le lien avec le nombre d’erreurs médicales, troisième cause de mortalité aux États-Unis d’après eux. Leurs spots publicitaires insistent sur le fait que la détection d’alcool ou d’autres drogues est depuis longtemps une obligation pour d’autres professions, comme les pilotes de lignes ou les officiers de police.

Volonté de réduire les erreurs médicales… ou manipulation grossière ?

Mais on ne l’entend pas de cette oreille du côté des organisations de praticiens qui dénoncent une manipulation. Selon elles, les contrôles d’alcoolémie auraient pour but de cacher une autre disposition, moins facilement compréhensible par le grand public. La proposition 46 prévoit en effet aussi d’augmenter les plafonds d’indemnisation en cas d’accident médical. La Californie limite actuellement ces indemnisations à 250 000 dollars (environ 197 000 euros) en cas de négligence. Si le texte était adopté, le montant maximal passerait à 1,1 million de dollars (866 000 euros).

D’après les adversaires de la proposition 46, cela aurait pour effet de faire exploser le nombre de procédures à l’encontre des médecins, et donc leurs primes d’assurance. Les premiers bénéficiaires de la réforme ne seraient donc pas les patients… mais les avocats.

Adrien Renaud

Source : lequotidiendumedecin.fr