Les jouets sont parfois des cadeaux empoisonnés

Publié le 17/11/2011

Les produits chimiques que peuvent renfermer les jouets et les consoles de jeux ne seraient pas sans risques, selon des ONG et scientifiques qui ont testé, en public, de futurs cadeaux de Noël. L’opération a été organisée à Paris, près du centre Beaubourg, à l’initiative de WECF (Women in Europe for a Common Future), un réseau d’une centaine d’organisations de 40 pays.

Julie Langlet, de Quad-Lab, un laboratoire spécialisé dans l’étude de l’air intérieur, teste un puzzle pour enfants, en bois lamellé et collé : il dégage du formaldéhyde, un produit classé CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique), volatile à partir de 19 degrés. « Ça vient de la colle », explique-t-elle, en suggérant donc de ne pas trop chauffer les chambres d’enfants. Cette jolie poupée de sa fille, qui sent la vanille, dégage du xylène, un hydrocarbure aromatique dérivé du benzène, qui provoque des allergies. En revanche, le chat en bois massif et peinture naturelle ne contient pas de formaldéhyde. Des ours en peluche sont exempts de retardateurs de flammes bromés, interdits en France. Mais une bonne partie des jouets viennent d’ailleurs.

Catherine Gouhier, cofondatrice du Centre de recherche indépendant sur les rayonnements électromagnétiques non ionisants (CRIIREM), teste des consoles de jeux pour enfants. « Pour l’exposition faible mais de longue durée, un rapport parlementaire avait fixé une norme maximale à 0,6 volt/mètre », rappelle-t-elle. Mais cette norme n’a pas été retenue. La console qu’elle a entre les mains est testée à près de 4 v/m. « En jouant régulièrement, les enfants peuvent courir un risque », estime-t-elle. « Le logo CE, dit Anne Barre, présidente de WECF France, c’est une imposture, puisqu’il est apposé par le fabricant lui-même et non par un organisme de certification indépendant ».

Certains experts recommandent de choisir des jouets en coton bio ou en bois brut. « Achetez européen, il y a plus de sécurité », conseille Michèle Rivasi, députée européenne.

S. H.

Source : lequotidiendumedecin.fr