Les jeunes biologistes se mobilisent pour la survie de leur spécialité

Publié le 07/11/2013
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Crédit photo : S. TOUBON

Le Syndicat des jeunes biologistes médicaux (SJBM) s’alarme de la désaffection croissante des étudiants en médecine pour leur spécialité. La filière a singulièrement perdu de son attractivité ces dernières années, jugent-ils.

En 2008, le dernier des 40 postes d’internat dans cette spécialité offerts aux candidats des épreuves classantes nationales avait été pourvu après le choix du 2 895e candidat classé. Cette année, l’ultime poste pourvu (sur 97) s’est situé au 7 490e rang...

Selon les jeunes biologistes, la réforme de la biologie médicale « qui prônait une médicalisation » de la discipline a « eu l’effet inverse » : « la concentration et la financiarisation des laboratoires, pour ne pas dire l’industrialisation de la profession ont littéralement fait fuir les jeunes médecins, qui désertent à présent la spécialité ».

Un point a particulièrement causé du tort à la discipline, affirme le SJBM : les nouvelles modalités de nominations de praticiens non issus du DES de biologie médicale à des postes de biologistes médicaux hospitalo-universitaires. « Un signal fort a été envoyé par l’État : la biologie médicale est la seule spécialité médicale pour laquelle le DES restera non qualifiant, déplore le syndicat. Potentiellement, toutes les spécialités médicales peuvent ainsi prétendre, sans avoir à décrocher le DES, à devenir biologiste médical ».

Panel de propositions

Au lendemain de la prise de fonction des nouveaux internes de biologie médicale, le SJBM, qui s’est appuyé sur un sondage auprès de ses adhérents, formule plusieurs propositions pour redorer le blason de la spécialité. Les jeunes biologistes demandent le maintien de la qualification du DES de biologie médicale avec des « dérogations exceptionnelles visées par une commission paritaire ».

Ils préconisent que les nominations hospitalières en biologie médicale soient en adéquation avec les débouchés ouverts dans le secteur public. Le SJBM réclame l’arrêt des baisses de nomenclature, l’instauration de mesures fiscales favorisant la transmission du capital des laboratoires aux jeunes biologistes ou encore l’adaptation de la norme d’accréditation ISO 15189 des laboratoires rendue obligatoire avant le 30 octobre 2016.

« Il y a urgence pour l’avenir de notre spécialité, met en garde le SJBM. Le désintérêt croissant pour celle-ci sonne comme un aveu d’échec pour une réforme dont l’ambition était de garantir une biologie médicale de qualité sur l’ensemble du territoire français. »

 CH. G.

Source : lequotidiendumedecin.fr