Les infirmières en cartes postales : du mythe à la réalité

Publié le 28/11/2014
Infirmière1fondblanc

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Crédit photo : U.S. National Library of Medicine

Déesse Hygie au voile blanc vaporeux, ou ange aux bras ouverts et au regard éthéré, la représentation allégorique de l’infirmière au début du XXe siècle contraste avec la tangibilité de la photographie d’Elizabeth McPhee, réelle soignante à domicile, solidement campée sur sa moto devant les montagnes embrumées d’Écosse, en 1926.

Ces portraits réels ou imaginaires sont révélés dans une exposition de cartes postales consacrée à la profession infirmière, installée récemment à la bibliothèque nationale de médecine (NLM) des États-Unis, dans le Maryland. Elle est également accessible sous forme virtuelle.


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Plusieurs pays représentés dont la France

Opposer « une image stéréotypée (à la réalité) d’une carte photographique » est l’un des buts recherchés, indique au « Quotidien » Julia Hallam, professeur de communication et des médias à l’université de Liverpool, au Royaume-Uni, qui a conçu l’exposition.

Les quelque quatre-vingts cartes postales présentées proviennent de la collection de Michael Zwerdling, un infirmier urgentiste américain qui en a fait don à la NLM. Elles couvrent plusieurs pays et l’ensemble du XXe siècle. Une galerie virtuelle de 585 cartes est aussi accessible sur le site de la bibliothèque. Quelque 75 cartes proviennent de France.

L’exposition de la NLM témoigne de l’évolution du métier d’infirmier, d’infirmière surtout, à cause de la féminisation de cette profession dès sa création, il y a environ 150 ans, par des pionniers comme Florence Nightingale, au Royaume-Uni. Ce nouvel emploi offrait alors aux femmes de la classe moyenne en Europe et aux États-Unis, la possibilité d’une indépendance financière et sociale ainsi que celle d’un rôle actif dans la société. Par l’intermédiaire de l’armée et d’organisations comme la Croix-Rouge, il ouvrait également la porte aux voyages et à l’aventure. Dès le début, les infirmiers masculins sont présents, en particulier dans l’armée et dans certaines organisations réservées aux hommes, mais leur contribution est peu représentée dans l’iconographie.

Un rôle important pendant la guerre ou les épidémies

Les cartes, jusque dans les années 1960, montre un hôpital occidental qui ressemble à la famille : les infirmières aident le médecin, en soignant les patients comme s’ils étaient des enfants, et, en accomplissant des tâches ménagères. D’autres valeurs et préjugés y transparaissent et les images attestent aussi de la hiérarchie et du racisme du colonialisme, de la ségrégation des infirmières afro-américaines et de la sexualisation de la femme.

Par choix, de nombreuses cartes émanent d’époques où le rôle des infirmiers est particulièrement important comme les périodes de guerre et d’épidémie. « Notez à quel point (le personnel infirmier) est essentiel aujourd’hui pour sauver les gens victimes d’Ebola, dit Julia Hallam, (…) avec organisation et ténacité, ils ont construit une profession qui s’attaque à certains des problèmes de santé les plus pressants de notre temps. »

Isabelle Trocheris

Source : lequotidiendumedecin.fr