Les cadres de l’UNOF et de MG France, réunis ce samedi à Paris pour les 30 ans respectifs des deux syndicats, ont confirmé le mouvement de fermeture des cabinets de médecine générale et de grève des gardes prévus pour cette fin d’année, et ce malgré les tentatives d’apaisement du ministère de la Santé.
C’est dans une vaste salle au décor évoquant le carnaval fellinien, ambiance somme toute très à propos en ces temps de séduction politique, que quelque 80 médecins membres de l’UNOF, branche « généraliste » de la CSMF, ont fait monter la température de la contestation.
En première ligne des négociations avec le ministère de la Santé (il sera reçu jeudi), le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF a donné le ton : les récents « signes d’ouverture et d’écoute » de Marisol Touraine ne sont pas une raison suffisante pour baisser la garde.
Effets d’annonce
« Après nous avoir expliqué 25 000 fois que nous ne savions pas lire [le projet de loi de santé, NDLR], le ministère semble commencer à nous entendre, a indiqué le Dr Ortiz. Marisol Touraine envisage notamment de desserrer le service public hospitalier. Mais attention ! Je ne vais pas me laisser berner par des effets d’annonce. Tant que le texte de la future loi n’est pas clairement modifié, restons mobilisés. »
« Cette semaine de grève créera le rapport de force nécessaire à l’obtention de réponses concrètes du gouvernement », a renchéri le Dr Luc Duquesnel, président de l’UNOF, en clôture de la journée. Le médecin n’exclut pas d’engager « d’autres actions » en 2015 si les libéraux n’obtiennent pas satisfaction.
L’UNOF exige « l’arrêt immédiat du démantèlement de la médecine générale » par la réécriture du projet de loi, la diminution des tâches administratives, l’abandon du tiers payant généralisé et la revalorisation du « C » à 25 euros, a rappelé son président à ses troupes.
Pas de compromis
MG France, qui sera reçu mercredi, juge tout aussi insuffisantes les propositions de Marisol Touraine pour amender le projet de loi de santé. Devant 120 confrères réunis en assemblée générale, les représentants départements du syndicat ont confirmé samedi « un désir de mobilisation » émanant de toutes les régions, assure le Dr Jacques Battistoni, secrétaire général de MG France, « très confiant » sur l’ampleur du mouvement. Et d’enfoncer le clou : « L’heure n’est pas au compromis, bien au contraire. Que le ministère propose des ajustements ou non, la grève aura lieu, nous n’avons aucun doute là-dessus. MG France se fait même fort d’accentuer la pression. »
« Les réponses du gouvernement ne viennent pas », observe MG France, qui a réélu le Dr Claude Leicher à sa présidence, ce week-end en assemblée générale.
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