Les généralistes à nouveau en grève, quatre ans jour pour jour après la dernière hausse du C

Publié le 06/01/2015
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Crédit photo : S. Toubon

Des médecins généralistes ont fermé leur cabinet ce mardi 6 janvier, à l’appel de MG France, pour exprimer leur opposition au projet de loi de santé et réclamer une revalorisation de la consultation, quatre ans, jour pour jour après le passage du C à 23 euros.

Selon le syndicat, ce nouveau jour de grève a été bien suivi par la profession, même s’il est très difficile d’évaluer la mobilisation. « Dans de nombreuses communes, tous les cabinets sont fermés, et la grève des gardes se poursuit », a assuré le Dr Jacques Battistoni, secrétaire général.

MG France, qui rencontrait cet après-midi le président de l’UMP Nicolas Sarkozy puis la ministre de la Santé Marisol Touraine, a rappelé son opposition à la généralisation du tiers payant obligatoire, « impraticable aujourd’hui ».

Mais la contestation du syndicat dépasse largement cette réforme. « Le problème, c’est la disparition lente de la médecine générale », a résumé son président, le Dr Claude Leicher, lors d’une conférence de presse organisée ce mardi dans un cabinet médical d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, département particulièrement touché par la désertification médicale avec 58 généralistes pour 100 000 habitants. « Il y a un malaise très profond des médecins généralistes, qui exercent à plus de 90 % en secteur I, avec des honoraires bloqués depuis 4 ans, a souligné le Dr Leicher. Notre spécialité est la seule à ne pas être rémunérée 25 euros la consultation. »

Transgression tarifaire ?

Le leader syndical a cité des statistiques de l’OCDE, selon lesquelles les généralistes français figurent parmi les moins bien rémunérés d’Europe devant la République tchèque et la Finlande. « La médecine générale est maltraitée aujourd’hui, les politiques doivent reconnaître qu’il y a un problème, a ajouté le président de MG France. Nous avons besoin d’être soutenus, sinon la médecine générale en secteur I disparaîtra. »

Le syndicat veut croire que la ministre de la Santé lui proposera, mardi soir, des pistes en vue d’une sortie de crise. « Il y a aujourd’hui une ouverture sur la loi de santé mais une impasse sur la médecine générale », analyse à ce stade le Dr Leicher.

MG France a annoncé que la grève administrative (de la télétransmission et de l’usage des téléservices de l’assurance-maladie) lancée en janvier pourrait s’intensifier dans les jours à venir.

Mais surtout, le syndicat n’exclut pas que des médecins généralistes exaspérés entrent dans une phase de « transgression tarifaire », pour contester le blocage du C à 23 euros et passer d’autorité leur consultation à 25 euros.

Christophe Gattuso

Source : lequotidiendumedecin.fr