Le moral des Français serait en berne… sauf en ce qui concerne leur santé. En effet 86 % d’entre eux se déclarent satisfaits de la qualité des soins et 85 % de la sécurité, selon un sondage réalisé par l’Ifop pour Deloitte. Opinion confirmée par une autre enquête réalisée par BVA pour la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) : lorsqu’on les interroge sur leur état de santé, sept Français sur dix s’estiment en bonne santé en 2014 dont trois sur dix en très bonne santé. En règle générale, les Français sont davantage préoccupés par le risque de précarité que par les sujets liés à la santé. En 2004, 80 % se déclaraient inquiets face au sida. Le pourcentage tombe à 58 % en 2014.
Un même constat peut être dressé pour le cancer, même si la réduction est plus limitée. (83 % en 2014 versus 91 % en 2004). Pour autant persistent deux abcès de fixation, à savoir l’accessibilité des soins et les conditions financières tant au niveau du prix que du niveau de remboursement. Les projections sur l’avenir sont assombries par les questions démographiques. 56 % des Français estiment que le nombre de médecins spécialistes diminue. Sans surprise, les habitants des zones rurales sont davantage inquiets que les Parisiens. Faut-il alors supprimer la libre installation des médecins sur le territoire ? 62 % se prononcent pour cette mesure dans l’enquête Ifop-Deloitte. Mais l’étude BVA-Drees infirme ces résultats. Quatre sondés sur dix souhaitent limiter la liberté d’installation.
Quant à la moins bonne performance en matière de sécurité des soins dans les établissements de soins de faible activité, le concept n’arrive pas à s’imposer. 62 % de la population française s’oppose au regroupement d’hôpitaux au niveau territorial. En revanche, un consensus se dessine en faveur de la chirurgie ambulatoire. Près de la moitié des sondés ont déjà eu recours à ce nouveau mode d’organisation. La qualité et l’efficacité des soins sont plébiscitées à hauteur de 95 %.
Remise en cause du principe universel de l’assurance maladie
Mais le développement de la chirurgie ambulatoire ne peut garantir le maintien à lui seul du système de soins à la française. L’évolution du système de Sécurité sociale paraît inévitable. Pour un quart des Français, l’assurance maladie devrait être réservée aux seuls cotisants, soit dix points de plus qu’en 2010 selon le sondage BVA-Drees. Une autre mesure, à savoir la modulation des remboursements en fonction des revenus, est récusée par 63 % des Français selon l’Ifop-Deloitte. Dans le même temps, le mot d’ordre, payez plus si vous consommez plus est largement adopté. 70 % des Français sont favorables à une augmentation des cotisations chez les consommateurs excessifs de tabac ou d’alcool ou les adeptes de sports violents. Mais la solution préférée des Français (84%) pour réduire le déficit de la branche maladie repose sur la limitation des honoraires des professionnels de santé (BVA-Drees).
Une fois encore, les sondés sont largement d’accord à demander aux Français de faire des efforts… à l’exception d’eux-mêmes…
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