Les femmes du SML dévoilent le programme de leurs assises

Publié le 13/12/2012
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Crédit photo : PHANIE

L’association Femme, médecin libéral (FML), rattachée au Syndicat des médecins libéraux (SML), tiendra ses 4e assises nationales le 11 et 12 janvier 2013 à Paris, sur le thème : « la femme en santé, un enjeu de société ».

Concrètement, il sera d’abord question de la santé de la professionnelle, à laquelle l’association a été sensibilisée malgré elle. « L’an dernier, juste après les assises, une de nos consœurs a fait un burnout sans que personne ne l’ait vu venir. Cela peut toutes nous toucher », raconte le Dr Corinne Godenir, généraliste.

Un sujet tabou

Toutes et tous, bien sûr. Mais les femmes veulent lever le voile sur un sujet parfois tabou pour les médecins qui se considèrent rarement comme souffrant. Elles y sont peut-être plus sensibles. Selon les chiffres cités par le Dr Christine Bertin Belot, elles représentent 1,77 % des arrêts de travail long (supérieurs à 90 jours) contre 1,43 % pour les hommes. Les premières causes sont les tumeurs malignes, les troubles du comportement, et les maternités.

Par ces assises, les femmes veulent déranger. Le Dr Françoise Roudil, dermatologue, n’hésite pas à mettre l’assurance-maladie devant ses contradictions : « Dans les entreprises, l’employeur est responsable de la santé de ses salariés. Or les médecins libéraux sont considérés comme solvabilisés par la sécurité sociale. Mais nous n’avons pas de médecine du travail ! » dénonce-t-elle. Et de souligner les pressions venues des patients, des caisses, et des ministères sur les médecins. « Pourquoi les jeunes femmes préfèrent-elles s’installer à l’hôpital, où, salariées, elles bénéficient d’une médecine du travail ? », interroge, ingénieusement, le Dr Godenir.

Les ateliers des assises, menés notamment par le Dr Isabelle Sauvegrain, médecin du travail, viseront à donner des outils de prévention aux médecins, pour mieux repérer leur mal-être au travail. Des conseils pratiques liés à l’exercice libéral seront aussi prodigués. « Il faut sensibiliser les médecins aux contrats d’assurance et de prévoyance qu’on signe, le cabinet devient une petite entreprise qu’il faut savoir gérer », insiste Corinne Godenir.

Des médecins contre les violences

L’autre volet des assises porte sur la santé des patientes et le rôle que peuvent jouer les médecins à l’égard des victimes de violences. Selon l’association, le professionnel de santé n’est pas identifié comme un acteur primordial dans cette cause et parfois, de lui-même, n’ouvre pas le dialogue avec sa patiente. « Nous avons pourtant un rôle de prévention, avant les coups. Les femmes ne parlent pas immédiatement. Mais il faut poser des questions face à une migraine, à des troubles de la nutrition... », explique Corinne Godenir.

Le Dr Françoise Roudil a aujourd’hui intégré le sujet dans son questionnaire. « Combien de femmes s’effondrent ! », témoigne-t-elle.

Les assises devraient ainsi inciter les médecins à poser les questions et à envisager une prise en charge suivie, au-delà de l’établissement du certificat médical.

 COLINE GARRÉ

Source : lequotidiendumedecin.fr