Les entreprises ne se mobilisent pas contre le stress

Publié le 19/04/2011
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Crédit photo : © S. TOUBON/ « LE QUOTIDIEN »

« Six cents accords ou plans d’action ont d’ores et déjà été engagés par les grandes entreprises dans le cadre du plan d’urgence sur la prévention du stress [lancé le 9 octobre 2009]. C’est une première en Europe. Le rapport consacré à l’analyse de 234 de ces accords a permis de constater la forte mobilisation des partenaires sociaux », se félicite le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé dans un communiqué de presse. Pourtant, les chiffres de la direction générale du Travail (DGT) décrivent un écart très important entre l’engagement et les actions concrètes.

Quatre entreprises sur 5 se limitent en effet à ébaucher une méthode en vue d’un diagnostic sans pour autant identifier de réponses précises. « Aucun accord ne contient de programme d’actions de prévention des risques psychosociaux finalisé. » Au mieux, certains axes sont définis comme principes, mais dépourvus de contenu, comme la formation des personnels d’encadrement, en particulier celle des dirigeants. En amont, ce sont les indicateurs d’évaluation du stress qui pèchent, estime la DGT, puisque les entreprises privilégient des indices de fonctionnement, qui brouillent le lien de causalité entre travail et santé.

Salariés et DG absents.

Autre écueil que souligne la DGT, le manque de participation des principaux acteurs aux négociations. « Force est de constater que rares sont les accords qui comportent un engagement précis de la direction », souligne la DGT, rappelant que l’implication des organes directeurs est pourtant indispensable. Symétriquement, les salariés sont les grands muets des accords des entreprises, puisque seulement 24 % d’entre eux prévoient de communiquer sur le contenu, et « un nombre très faible » de leur donner la parole dans l’élaboration du diagnostic.

En réponse, Xavier Bertrand a demandé au directeur général du Travail « d’écrire à toutes les entreprises de plus de 1 000 salariés qui n’ont pas engagé de plan d’action de le faire ». Il a néanmoins fermement rejeté la mise en place d’un observatoire sur les suicides au travail, demandé mercredi dernier par Jean-Claude Delgènes, patron de Technologia, dans une lettre ouverte au ministre publiée dans « l’Express ».

COLINE GARRÉ

Source : lequotidiendumedecin.fr