AFIN DE préciser si la mise en place d'une politique vaccinale antipneumococcique chez les tout-petits pouvait influer sur les sérotypes de Streptococus pneumoniae circulants en France et sur leur sensibilité aux antibiotiques, 90 pédiatres libéraux ont participé à une étude sur cinq ans dont les premiers résultats - sur les trois premières années - sont aujourd'hui disponibles. Chez tous les patients âgés de 6 à 24 mois présentant un otite moyenne aiguë, les praticiens effectuaient un écouvillonnage nasal qui était ensuite analysé par un laboratoire de bactériologie. Sur les trois premières années, 1 906 patients n'ayant pas reçu d'antibiotique pendant les sept jours précédant l'épisode aigu ont été inclus. Si, la première année, seulement 8,2 % des enfants avaient reçu au moins une injection du vaccin antipneumococique heptavalent, ils étaient 19,9 % dans ce cas la deuxième année et 61,3 % la troisième année. Au cours des trois mois précédant l'épisode d'otite aiguë, la consommation moyenne d'antibiotiques a nettement diminué entre la première et la troisième année de suivi : de 51,5 % à 40,7 %. Le taux d'enfant porteurs de streptocoques à l'écouvillonnage nasal a lui aussi baissé, passant de 62,3 à 48,6 % sans que pour autant on observe d'émergence significative de sérotypes non vaccinaux. En outre, l'analyse bactériologique a montré que l'incidence des sérotypes résistants à la pénicilline (Hprs) baissée elle aussi (11 % contre 21,3 %).
Dans la population vaccinée (n = 575), la prévalence du portage de Streptococus pneumoniae était moins importante que dans la population non vaccinée (56,5 % contre 70,5%) et l'incidence des souches contre lesquelles le vaccin est dirigé était de 13,7 % dans le groupe vacciné contre 30,9 % dans le groupe non vacciné (n = 1 331). Par ailleurs, le risque pour un enfant d'être porteur de Hpsr était de 4 % si l'enfant était vacciné et n'avait pas été traité par antibiothérapie au cours des trois mois précédant l'inclusion, de 9 % chez l'enfant vacciné ayant reçu des antibiotiques, de 10 % chez les non-vaccinés n'ayant pas reçu d'antibiotiques, enfin, de 16 % pour les non-vaccinés ayant reçu des antibiotiques dans les trois mois précédent l'inclusion.
L'observatoire national.
Un autre étude parue en 2005 a permis de préciser l'âge de survenue et les facteurs de risque médicaux des méningites à pneumocoque de l'enfant en France. Ce travail, coordonné par l'observatoire national des méningites bactériennes de l'enfant s'est fondé sur l'analyse de 367 cas de méningites à pneumocoque rapportées dans notre pays entre janvier 2001 et janvier 2004. Il apparaît que l'âge moyen des patients est de 0,8 ans, que 69,7 % des sujets sont âgés de moins de 2 ans et que 94,1 % d'entre eux n'ont aucun facteur de risque médical en dehors de leur âge. En revanche, après deux ans, ces facteurs sont retrouvés dans 27 % des cas. Le taux de mortalité est proche de 11 %, avec un pic de fréquence à l'âge de 5 mois. Ces données confirment l'intérêt d'une vaccination précoce.
D'après une réunion organisée sur le campus de Wyeth Pharma à Grange Castel.
Un schéma vaccinal adapté à l'âge
Le schéma vaccinal de Prevenar est adapté à l'âge de l'enfant.
Pour les nourrissons de 2 à 6 mois : 3 injections à un mois d'intervalle au minimum (primovaccination) ; une quatrième dose est recommandée au cours de la deuxième année de vie (rappel).
Pour les nourrissons de 7 à 11 mois : 2 injections à un mois d'intervalle au minimum (primovaccination) ; une troisième est recommandée au cour de la deuxième année de vie (rappel).
Pour les nourrissons de 12 à 23 mois : 2 injections à deux mois d'intervalle au minimum (primovaccination).
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