Les centrales françaises vulnérables aux situations extrêmes

Publié le 05/01/2012

Dans son avis remis mardi au Premier ministre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estime que les centrales françaises présentent « un niveau de sûreté suffisant » pour exclure toute procédure d’arrêt immédiat dans un quelconque site de l’Hexagone. Néanmoins, la robustesse des installations nucléaires face aux situations les plus extrêmes devra être augmentée « dans les meilleurs délais », « au-delà des marges de sûreté dont elles disposent déjà », considère l’ASN dans son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté réalisées depuis le printemps dernier à la suite de l’accident japonais de Fukushima. Les exploitants devront proposer à l’ASN avant le 30 juin 2012 « la mise en place d’un noyau dur de dispositions matérielles et organisationnelles permettant de maîtriser les fonctions fondamentales de sûreté dans des situations extrêmes », de type séismes, inondations, accidents d’autres sites industriels… D’ici à la fin de 2014, une « force d’action rapide nucléaire » (FARN) devra être totalement opérationnelle pour être en mesure d’intervenir en moins de 24 heures sur l’ensemble des sites nucléaires du territoire en cas de problème majeur. Les piscines d’entreposage de combustible des 59 réacteurs nucléaires français inspectés devront être renforcées afin de « réduire les risques de dénoyage du combustible ». Les exploitants devront également améliorer la surveillance des sous-traitants intervenant dans les installations, en veillant à ne pas déléguer cette tâche à un prestataire lorsqu’il s’agit de « contrôler les interventions importantes pour la sûreté ». Nathalie Kosciusco-Morizet, ministre de l’Écologie, doit réunir jeudi soir les exploitants des installations nucléaires pour veiller à ce qu’ils se conforment à « l’intégralité des demandes » de l’ASN.

 D. B.

Source : lequotidiendumedecin.fr