Les accidents de trottinettes électriques exhortent au port du casque

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Pr Charles Msika, membre de la Sofcot -
Publié le 05/06/2019
trottinette

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Crédit photo : S. Toubon

En cas d'accident, le traumatisme crânio-facial est la blessure la plus fréquente des utilisateurs de trottinettes, selon une petite étude rétrospective menée à l’université de Californie et parue dans « JAMA network open ». Ces résultats engagent les pouvoirs publics à réglementer de façon plus stricte ce mode de transport urbain : port du casque obligatoire, âge minimum d’utilisation et meilleur respect des zones piétonnières.

La trottinette électrique proposée en location est un engin susceptible de se déplacer à une vitesse pouvant dépasser la vingtaine de kilomètres à l’heure. C’est ce qui en fait d’ailleurs sa popularité, plus particulièrement en période printanière ou estivale. Le conducteur la manœuvrant en position debout, ce mode de transport se nomme « standing electric scooter » en anglais. C’est en Californie, à Santa Monica, qu’il a été introduit en premier. Il y a depuis remporté un succès sans précédent.

Sur la base d’une cohorte de blessés impliquant une trottinette et déposés aux urgences de deux centres hospitaliers voisins desservant le même périmètre urbain, des chercheurs californiens se sont penchés sur l’épidémiologie lésionnelle en rapport avec ce mode de transport.

Sur une période d’une année ayant recruté 249 accidentés, l’analyse des données recueillies montre une prédominance masculine à près de 60 %. Neuf fois sur dix, l’accidenté était le conducteur de la trottinette lui-même, le reste du temps il s’agissait de malheureux piétons. L’âge moyen était de 33 ans mais 10 % des accidentés avaient moins de 18 ans. Seuls moins de 4 % des blessés portaient un casque.

Que sait-on des blessures constatées ? Un peu plus de 30 % des accidentés souffraient d’une fracture et 40 % d’un traumatisme crânio-facial. Les 30 % restant présentaient des contusions, des plaies, des entorses mais sans fracture ni trauma crânien. Si la majorité de ces blessés ont pu regagner leur domicile après traitement au service d’urgence, un peu moins de 10 % d’entre eux a nécessité d’être hospitalisés, deux patients en service de soins intensifs.

(1) T. K.Trivedi, JAMA Netw Open, 2(1) : e187381, 2019

Charles Msika, membre de la Société française de chirurgie orthopédique SoFCOT

Source : lequotidiendumedecin.fr