Léonard de Vinci souffrait d'une paralysie ulnaire d'après deux médecins italiens

Par Damien Coulomb
Publié le 06/05/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
leonard de vinci

leonard de vinci
Crédit photo : DR

Sur la fin de sa vie, Léonard de Vinci (pour qui le 500e anniversaire de la mort a été célébré le 2 mai) ne pouvait plus peindre ou dessiner de la main droite, faute de pouvoir se servir correctement de son bras. Un handicap qui n'a pas empêché l'auteur de « la Cène », de continuer à enseigner et de dessiner de la main gauche.

Selon la plupart des auteurs qui se sont penchés sur la période tardive de sa carrière, Léonard de Vinci aurait souffert d'une paralysie de la main consécutive à un AVC. Cette thèse est aujourd'hui contestée par 2 chercheurs italiens, le Dr Davide Lazzeri, spécialiste de la chirurgie reconstructrice de la clinique Villa Salaria, et le Dr Carlo Rossi, un neurologue de l'hôpital de Pontedera, près de Florence.

Ces 2 passionnés d'histoire ont étudié les biographies du mathématicien-inventeur-humaniste, ainsi qu'une gravure réalisée par De Vinci dans sa période tardive et, surtout, un portrait de l'artiste à la craie sanguine attribué à Giovan Ambrogio Figino, et exposé dans le musée de la Galerie dell'Accademia, à Venise. Ce dessin est une des rares représentations du bras droit de De Vinci, enveloppé dans un vêtement, comme s'il s'agissait d'un bandage, maintenu dans une position contractée.

Une atteinte du nerf ulnaire

Dans un article publié dans le « Journal of the Royal Society of Medicine », les Dr Lazzeri et Rossi estiment que la position du bras et la manière dont la main est recroquevillée comme une serre d'aigle sont caractéristiques d'un cas de paralysie ulnaire. Ils suggèrent que Léonard de Vinci aurait souffert d'une syncope, au cours de laquelle un traumatisme sévère du membre supérieur serait à l'origine d'une atteinte du nerf ulnaire. Ce dernier prend racine au niveau de l'épaule et se projette jusque dans l'auriculaire. Il est responsable de la capacité à produire des mouvements fins.

Pour le Dr Lazzeri, le fait que Léonard de Vinci ait souffert d'une paralysie nerveuse et non pas d'un AVC expliquerait aussi « pourquoi il a laissé autant de peinture non terminée, y compris le portrait de Mona Lisa, tout en étant toujours capable de continuer à enseigner et à dessiner au cours des 5 dernières années de sa vie. »

 


Source : lequotidiendumedecin.fr