L'empreinte immunitaire pour prédire le pronostic des cancers du sein triple négatif

Par
Dr Irène Drogou -
Publié le 31/01/2019

Comment favoriser l'accès à l'innovation des femmes ayant un cancer du sein triple négatif ? Alors que ces cancers restent plus difficiles à traiter, une piste pour orienter plus facilement vers les essais cliniques est de déterminer individuellement la façon dont la tumeur va évoluer avec une chimiothérapie standard.

Un nouveau biomarqueur permettrait de mieux prédire le pronostic de ces cancers, est-il annoncé dans « Journal of Clinical Oncology ». Il s'agit de l'empreinte immunitaire de la tumeur, c'est-à-dire la présence de lymphocytes dans l'environnement extra-cellulaire (stromal tumor-infiltrating lymphocytes ou sTILs). 

Prise en charge classique inefficace dans 50 % des cas

En intégrant cette nouvelle donnée, des chercheurs de Gustave-Roussy, de l'INSERM et de l'université Paris Sud en collaboration avec le Peter MacCallum Cancer Centre à Melbourne, ont développé un algorithme permettant de calculer le score pronostique.

Les cancers du sein dits triple négatif, qui sont caractérisés par l'absence de récepteurs hormonaux (progestérone et œstrogène), et de protéine HER2, ne sont pas éligibles aux traitements innovants ciblant ces trois protéines. Les chimiothérapies classiques s'avèrent inefficaces chez environ la moitié des patientes.

Un score en ligne gratuit 

Ce nouvel outil a été mis au point à partir des données individuelles de 2 148 patientes issues de 9 études cliniques internationales. Cet algorithme prend en compte l'empreinte immunitaire mais aussi d'autres données (âge, taille de la tumeur, nombre de ganglions positifs, grade histologique, type de chimiothérapie).

L'intérêt de disposer d'un tel score en pratique est de « favoriser la participation à de futures études cliniques », a insisté Stefan Michiels, responsable de l'équipe Oncostat à Gustave-Roussy. L'outil de calcul est mis gratuitement à disposition des médecins afin de proposer aux patientes d'intégrer des études cliniques futures en fonction de leur risque individuel.


Source : lequotidiendumedecin.fr