L’émotion musicale, une affaire d’ouverture d’esprit

Publié le 08/12/2010
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Crédit photo : AFP

LA RÉPONSE est à chercher du côté de la psychologie, de la personnalité suggèrent Emily C. Nusbaum et Paul J. Silvia (Greensboro, Caroline du Nord). Pour identifier le ou les traits de caractère mis en cause, ils ont eu recours à des questionnaires. Ici, pas de séances d’écoute religieuse de musique à la recherche de frémissements chez les participants. Non, juste des questionnaires, plutôt fouillés, proposés à 196 volontaires recrutés dans l’université locale. Le dépouillement des réponses permet d’établir un lien entre les vibrations musicales et un trait de caractère particulier : l’ouverture d’esprit.

L’ensemble du questionnaire portait sur ce que provoque l’écoute : frissons dans le dos ? Chair de poule ? Cheveux qui se dressent sur la tête ? La personnalité était déterminée selon 3 échelles s’intéressant à ses 5 grands domaines. Les préférences musicales étaient établies selon 14 genres, répartis en 4 sous-groupes : introspective et complexe (classique, jazz, blues…) ; intense et rebelle (rock, heavy metal…) ; optimiste et conventionnelle (country, religieuse, pop…) ; énergétique et rythmée (rap, hip-hop…). Enfin, l’intérêt pour la musique était fondé sur les connaissances musicales, la pratique d’un instrument, les durées d’écoute quotidienne, l’utilisation d’un baladeur.

En croisant les multiples données enregistrées, plusieurs explications pouvaient lier l’ouverture d’esprit et les frissons musicaux. Les auteurs s’attendaient à voir émerger la musique d’architecture compliquée comme déclencheur de frémissements. À leur grande surprise, c’est celle dite « introspective et complexe » qui crée l’émotion. À l’inverse, les goûts musicaux influent très peu sur l’apparition des vibrations.

Les sujets ouverts d’esprit montrent davantage de connaissances artistiques. Chez eux, se trouvent ceux qui attribuent à la musique un rôle primordial dans leur vie, en écoutent plusieurs heures par jour et pratiquent un instrument. « Il est clair que l’investissement était le facteur le plus important », relèvent-ils.

Social Psychological and Personnality Science, doi :10.1177/1948550610386810.

lequotidiendumedecin.fr, le 08/12/2010

 Dr GUY BENZADON

Source : lequotidiendumedecin.fr