«LES CARENCES en vitamineD représentent un problème courant. L'amélioration du statut en vitamineD, à travers une exposition solaire mesurée et la prise de suppléments, est essentielle en matière de maintien de la santé.»
On soupçonne la vitamine D de jouer un rôle dans le cancer de la prostate, sur la foi d'études observationnelles. En effet, on a trouvé une plus forte mortalité par cancer de la prostate dans les populations où le statut pour la vitamine D est insuffisant : exposition solaire réduit ; hommes d'origine africaine aux Etats-Unis ; populations âgées et aux latitudes plus au nord qu'au sud.
L'index couramment utilisé dans ces études pour rendre compte du statut de la vitamine D est le taux d'hydroxyvitamine D3 (25-OHD) circulante, qui est convertie en une forme active de la vitamine D, la 1,25-OH2D.
La prolifération cellulaire inhibée.
Le 25-OHD opère via le récepteur de la vitamine D (VDR). In vitro, il est montré que, par ce moyen, la 25-OHD inhibe la prolifération cellulaire, induit la différenciation et l'apoptose, et est susceptible de protéger du cancer de la prostate.
Le VDR est exprimé dans les cellules prostatiques normales et malignes. Différents polymorphismes portant sur le gène VDR ont été décrits. Il existe un polymorphisme de VDR, Fokl, qui rend le récepteur moins actif : il répond mal à la signalisation par la vitamine D.
Haojie Li et coll. présentent une étude prospective, nichée au sein de la Physicians' Health Study. Ils ont cherché la réponse à la question : les taux de 25-OHD et de 1,25-OH2D peuvent-ils être associés au risque de cancer de la prostate ?
Pendant les dix-huit années de suivi d'hommes initialement sans cancer de la prostate, on a identifié 1 066 cas incidents, dont 496 tumeurs agressives.
Les auteurs ont examiné l'association entre le taux de 25-OHD et de 1,25-OH2D avant le diagnostic et pris en considération le polymorphisme Fokl du gène VDR.
Statut infra-optimal en hiver.
Ce qui les amène à conclure que : «Aux Etats-Unis, une importante proportion d'hommes ont un statut infra-optimal pour la vitamineD et particulièrement pendant la saison hivernale: de 36 à 77% sont en carence.» Plus de 10 % restent carentiels pendant l'été. De plus, les taux de 25-OHD et de 1,25-OH2D peuvent jouer un rôle important dans la prévention du cancer de la prostate. Les hommes avec des taux réduits de ces deux éléments ont un risque particulier de présenter une forme agressive (OR : 2,1).
«De plus, le statut pour la vitamineD, mesuré par la 25-OHD dans le plasma, interagit avec le polymorphisme de VDR Fokl et modifie le risque de cancer de la prostate.»
Les hommes qui ont les gènes VDR les moins fonctionnels représentent 14 % de la population d'origine européenne que comporte la cohorte. Ce sont eux qui ont les risques les plus élevés de cancer de la prostate en cas de statut bas pour le 25-OHD (OR pour un cancer agressif de la prostate de 2,5). En revanche, le risque n'est pas augmenté chez les hommes ayant ce génotype lorsque le statut vitaminique est correct.
Les données de l'étude NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey) avaient déjà montré que le statut en vitamine D de la population américaine est souvent insuffisant, en particulier chez les personnes âgées et dans les groupes défavorisés.
« PLoS », vol. 4, n° 3, en accès libre sur le site : www.plosmedicine.org.
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