Le volontariat dans la PDS, « une décision pas particulièrement judicieuse », selon Touraine

Publié le 02/10/2014
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Crédit photo : S. TOUBON

« En 2003, la décision d’introduire le volontariat dans la permanence des soins ambulatoire (PDS-A) n’a pas été particulièrement judicieuse ». Marisol Touraine, ministre de la Santé, a pesé ses mots lors de son audition ce jeudi par la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la PDS. Cette instance terminait son travail de consultation, avant la rédaction de son rapport, par l’audition de la ministre de tutelle.

« Faut-il remettre en question ce volontariat ? Plus de dix ans après, je crois qu’il faut faire avec, mais il a été source de difficultés, poursuit Marisol Touraine. Il a contribué à faire de l’hôpital le seul lieu où se rendre en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux. Le réflexe est de se rendre aux urgences car elles fonctionnent en permanence. Je crois que la solution ne consiste pas en une remise en question du volontariat, mais de prendre acte de cette situation. »

Catherine Lemorton, rapporteur socialiste de cette mission d’information présidée par l’UMP Jean-Pierre Door, avait mis la question sur la table peu de temps avant. « Selon un rapport de la Cour des comptes, la fréquentation des urgences hospitalières a augmenté de 30 % depuis 2004, rappelait-elle. Faut-il y voir un lien avec la mise en place du volontariat en 2003 ? »

La ministre de la Santé a rappelé qu’une expérimentation aurait lieu en 2015 sur l’acheminement par transports sanitaires de certains patients vers une maison médicale de garde (MMG) ou une pharmacie. « Je dis prudence sur les visites à domicile dans le cadre de la PDS, souligne Marisol Touraine. À quoi est le plus utile le temps médical ? À soigner ou à se déplacer ? »

369 maisons médicales de garde

La ministre a exclu de mettre en place une maison médicale de garde (MMG) dans chaque secteur de garde. Elles sont aujourd’hui au nombre de 369, selon les chiffres du ministère. « On peut soutenir l’initiative des médecins libéraux pour mettre en place ces structures, a poursuivi Marisol Touraine. Il doit y avoir partout des réponses mais la forme qu’elle prend est laissée à l’initiative des professionnels, en particulier des libéraux ».

La ministre a également donné quitus à SOS Médecins pour son engagement dans la PDS. « Dans certains territoires, a-t-elle estimé, le rôle de cette association est essentiel. Notre choix est de l’intégrer dans le dispositif national en gardant ses spécificités ».

Marisol Touraine a enfin rappelé que la future loi de santé prévoyait la mise en place d’un numéro d’appel unique sur l’ensemble du territoire. Aujourd’hui, des numéros distincts du 15 existent dans plusieurs régions, rendant l’accès à la PDS peu lisible.

H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr