« Le tiers payant généralisé sera la plus grave erreur du quinquennat », juge l’UMP Arnaud Robinet

Publié le 22/10/2014
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Crédit photo : AFP

Le député UMP Arnaud Robinet sonne la charge contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), examiné actuellement à l’Assemblée nationale en séance publique. Invité ce mercredi du café « Nile », à Paris, l’élu de la Marne a dénoncé « l’absence de réformes structurelles » dans un budget consistant selon lui à « mettre des pansements sur une jambe de bois alors que le système craque de toutes parts ». « On masque la misère sans traiter les causes », ajoute le parlementaire de l’opposition.

Pour Arnaud Robinet, ce PLFSS « comme les précédents » utilise le médicament comme seule « variable d’ajustement » en réclamant à ce secteur 50 % des économies prévues pour l’assurance-maladie alors qu’il ne représente que 12 % des dépenses de santé. « Lorsqu’on est à l’os, il n’y a plus grand-chose à gratter », met-il en garde souhaitant qu’on redonne de la visibilité à l’industrie pharmaceutique « fleuron de notre économie ».

Droit de tirage

Le député s’en est pris vertement à la généralisation du tiers payant intégral, dont le PLFSS programme une étape majeure avec la mise en place de la dispense d’avance de frais pour les bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé (ACS) au 1er juillet 2015, grâce au déploiement du système déjà appliqué aux bénéficiaires de la CMU-C. «  Le tiers payant généralisé sera la plus grave erreur de ce gouvernement au cours du quinquennat », juge le député UMP. Pour Arnaud Robinet, le tiers payant généralisé contribue à donner aux Français l’illusion que la santé est un « bien de consommation comme un autre », avec « droit de tirage grâce à la carte verte ».

« Avec le tiers payant mais aussi la suppression de franchises pour les ACS, on déresponsabilise les Français en leur disant "profitez-en" », argumente-t-il.

Arnaud Robinet estime qu’il aurait été préférable de se pencher activement sur les recettes de la Sécu (le député UMP plaide pour la TVA sociale), sur les dépenses du secteur hospitalier « où il y a du gras » ou encore sur la réforme de l’aide médicale d’État (AME) que la droite appelle de ses vœux.

Cyrille Dupuis

Source : lequotidiendumedecin.fr