LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF de Lille doit examiner le 25 septembre le recours déposé par un collectif de onze étudiants de Pcem1 de la faculté de médecine. Il devrait rendre sa décision dans la première quinzaine d'octobre. Composé d'étudiants et de parents d'élèves, ce collectif demande l'annulation du concours de Pcem1 dans leur faculté. Après l'annulation d'une épreuve de biostatistiques en mai, ces onze étudiants ont été contraints, comme les 2 400 de leur promotion, de plancher une nouvelle fois le 28 juin (« le Quotidien » du 26 juin). Lors du premier examen, une candidate s'était vu retirer sa calculatrice pendant une quinzaine de minutes. Elle avait déposé un recours pour demander l'annulation de l'épreuve au motif d'une rupture d'égalité des chances. Le jury de la faculté a préféré reprogrammer l'examen, sans attendre l'issue de la procédure. Après l'affichage des nouveaux résultats, les onze étudiants se sont aperçus qu'ils n'étaient plus classés en rang utile pour accéder à la deuxième année de médecine, de chirurgie dentaire ou de sage-femme. Ils demandent, dans leur recours, la reprogrammation de trois épreuves du concours, au cours desquelles se seraient produites d'autres irrégularités. En biophysique, les calculatrices n'auraient pas été vérifiées. En biocellulaire, des candidats ont eu droit à la calculatrice et d'autres non. Enfin, en biochimie, la calculatrice était interdite, mais certains auraient tout de même eu l'autorisation de l'utiliser.
«Nous ne souhaitons pas l'annulation du concours, mais la réintégration des jeunes dans leur classement initial», explique Pierre Robiquet, médecin anesthésiste et père d'une jeune fille recalée, après avoir pu prétendre à un poste de chirurgie dentaire.
En dépit de son appel à l'aide aux ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur, le collectif n'a pas obtenu, comme il le demandait, l'ajout de 11 postes au numerus clausus de la faculté (411 places en médecine, 70 en odontologie et 44 pour les sages-femmes).
L'été a semblé très long pour l'ensemble de la promotion.
«Nous naviguons depuis deux mois entre soulagement et angoisses», commente Grégory, inscrit en deuxième année, mais qui redoute la décision du tribunal administratif. L'étudiant craint surtout que l'incident ne perturbe durablement l'année universitaire qui commence : « Si l'on fait repasser des épreuves aux 2436étudiants inscrits l'an dernier, cela ne pourra pas être fait avant novembre et nous ne pourrons reprendre le cursus normal qu'au début de 2008!»
Le doyen de la faculté de Lille prépare tous les cas de figure et reconnaît que la «sérénité n'est pas de mise». «Pour l'instant, c'est la deuxième épreuve qui fait loi et règle le classement, confie-t-il. Mais si l'on réorganise les trois épreuves, le classement sera une nouvelle fois bousculé. D'autres étudiants n'entreront plus dans le numerus clausus et ce sera plus de 11étudiants qui demanderont à être intégrés. Cette affaire prend des proportions insensées.» Une association de parents d'élèves et un comité d'étudiants ont récemment vu le jour en juillet pour demander que les 525 étudiants classés admissibles après la deuxième épreuve de biostatistiques soient définitivement préservés. «Les étudiants sont dans tous leurs états, j'ai reçu en stage une fille en pleurs, confie le Pr Brigitte Leroy, praticienne hospitalière qui enseigne à la faculté et est elle-même la mère d'un étudiant concerné par ce concours… Nous voulons éviter les souffrances pour nos étudiants et éviter d'éventuels drames.»
Dans un communiqué commun, les associations nationales des étudiants en médecine et sages-femmes (Anemf et Anesf) estiment que cet épisode met en lumière les «nombreuses failles» du concours de Pcem1. «La première année est moralement, psychologiquement et physiquement éprouvante, indiquent-elles. Le fruit du travail fourni tout au long de l'année se doit d'être évalué dans des conditions irréprochables.» Devant la recrudescence d'incidents ces dernières années, les deux associations appellent les facultés à fixer «des règles simples et claires» et disent attendre un geste fort de la part des ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur. En décembre 1999, après l'annulation de plusieurs épreuves du concours de Pcem1 à Montpellier et l'organisation de nouvelles, le numerus clausus avait été relevé par les parlementaires.
Pause exceptionnelle de votre newsletter
En cuisine avec le Dr Dominique Dupagne
[VIDÉO] Recette d'été : la chakchouka
Florie Sullerot, présidente de l’Isnar-IMG : « Il y a encore beaucoup de zones de flou dans cette maquette de médecine générale »
Covid : un autre virus et la génétique pourraient expliquer des différences immunitaires, selon une étude publiée dans Nature