Blog : Alors voilà...

Le secret de pourquoi les médecins feront tout pour vous culpabiliser

Publié le 29/07/2013
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Crédit photo : Crédit illustration : Adieu, et à demain (*)

Pour Baptiste, jeune donneur de 12 ans qui, en plus d'avoir le plus beau prénom du monde (si, si !) a fait au monde le plus beau cadeau qui soit.

Je vous présente A., dite Pimprenelle, interne en anesthésie-réanimation. Elle n'a rien de commun avec le personnage de « Bonne nuit les petits » (ça c'est drôle pour une anesth-réa) et tiendrait plutôt de la fille cachée de Chef Viking et Druth la Walkyrie (dont vous ferez bientôt la connaissance). Elle m'a dit : « Tu n'auras mon anecdote qu'à la condition que tu m'appelles Pimprenelle dans ton blog, c'est non négociable. »
(Les gens ont des fantasmes bizarres vous ne trouvez pas ?)

Vous avez peur de la Mort ? Donnez vos organes. C'est, peut-être, le meilleur moyen de Lui dire d'aller se faire voir et de partir en beauté.

Alors voilà l'état de Mme H. qui se dégrade jusqu'au point de non-retour que nous nommons « mort cérébrale ». Pimprenelle lance LA procédure : bilan biologique, scanner, sérologies virales et SURTOUT Dobutamine à fond les manettes. La Dobutamine maintient en vie  « artificiellement » Mme H. le temps que la famille accepte l'irrémédiable, que soit abordée la question épineuse du don d'organe.
Trois jours durant, Pimprenelle se bat, préservant Mme H. du lent ouvrage de la mort en marche.
D'un coté la Dobutamine, de l'autre lutte avec la famille :
- N'aurait-elle pas voulu faire profiter un être humain malade ? N'était-elle pas généreuse de son vivant ? Etc...
Vous trouvez cela malsain de culpabiliser ainsi les familles en deuil ?
Pimprenelle réfléchit, sur son bureau, aux noms des malades compatibles avec Mme H. Elle les imagine, elle pense à leurs pathologies, leurs calvaires quotidiens, leurs espoirs d'être un jour sauvés.
Pimprenelle voit les noms dans sa tête.
Il y a Mme Y. pour le rein, M. J. pour le cœur, le jeune L. et sa mucoviscidose.
3 noms.
3 vies.
3 familles.

Pimprenelle est médecin.
La famille de Mme H. refuse. Les trois patients resteront malades (dans le meilleur des cas) parce que « vous comprenez, on ne veut pas charcuter Mamie ».
Bien sûr que nous comprenons. Mais vous, comprenez bien une chose : nous pensons aux noms de ceux qui attendent.
Mme Y. pour le rein, M. J. pour le cœur, le jeune L. et sa mucoviscidose.
3 familles.
3 vies.
3 noms.
Et ces noms pourraient être VRAIMENT les vôtres.


Donnez ou ne donnez pas, mais faites-le savoir autour de vous (et donnez quand même vos organes, même les troués et les vintages, on vous les rendra !)
Lien pour faire sa demande de carte : www.france-adot.org

Retrouvez Baptiste sur son blog Alors voilà.

(*) Crédit illustration : Adieu, et à demain

> BAPTISTE

Source : lequotidiendumedecin.fr