Avec une diminution d’un tiers des symptômes observés lors d’une crise d’asthme, les premiers résultats du SB010, présentés lors du congrès de l’american thoracic society, sont très encourageants. Cette molécule, développée par Sterna Biologicals (une firme issue de l’université allemande de Marbourg), est la première à tenter d’empêcher la différenciation des lymphocytes T helper de type 2 (Th2) en ciblant le facteur de transcription GATA3.
La réponse asthmatique se décompose en effet en deux étapes. Au cours de la réponse précoce, on observe une chute brutale du VEMS (- 25 à - 30 %), liée à une activation des mastocytes et à des épisodes de bronchoconstriction aiguë. Le VEMS remonte ensuite avant de diminuer de nouveau, de manière plus progressive et plus durable, au cours de la réponse tardive. Les patients souffrent alors d’une bronchoconstriction plus soutenue, causée par un afflux de cellules de l’inflammation, dont les lymphocytes Th2 constituent la clé de voûte.
Plusieurs laboratoires ont tenté de bloquer l’action des Th2 avec des molécules qui se lient directement aux cytokines (lebrikizumab, mepolizumab et reslizumab) ou à leurs récepteurs (dupilumab et benralizumab). Le SB010, lui, est une combinaison d’un brin d’ADN antisens chargé de se fixer sur l’ARN messager de GATA3, et d’une enzyme qui va couper le brin en deux.
Des bons résultats présentés en congrès
La sécurité et l’efficacité de ce nouveau traitement ont été évaluées dans une étude de phase 2a menée par le Dr Norbert Krug de l’institut Fraunhofer-Gesellschaft de toxicologie et de médecine expérimentale, dont les résultats ont été présentés ce week-end lors du congrès de l’American Thoracic Society.
Les chercheurs ont recruté 40 patients asthmatiques présentant des réactions asthmatiques allergiques modérées caractéristiques de l’asthme atopique causé par la suractivation des lymphocytes Th2. Vingt et un patients ont reçu 10 mg de SB010 par jour et 19 ont été assignés à un groupe placebo. Les patients ont ensuite été exposés à des allergènes au bout de 28 jours de traitement.
Pour évaluer l’effet du traitement, les chercheurs ont tracé la courbe de l’évolution du VEMS pendant les 7 heures qui suivent l’exposition à l’allergène. L’aire mesurée sous la courbe des patients du groupe SB010 au cours de la réponse précoce (les quatre heures qui suivent l’exposition aux allergènes) avait diminué de 33,7 % à la fin du traitement, tandis que celle du groupe placebo ne changeait presque pas (+1,4 %). L’aire mesurée sous la courbe pendant la réponse tardive, entre 4 et 7 heures après l’exposition, est diminuée de 11 % dans le groupe sous SB010, contre une augmentation de 10 % dans le groupe placebo. Par ailleurs, l’augmentation du taux sanguin d’interleukine 5 relevée dans le groupe placebo n’avait pas lieu dans le groupe SB010.
Une innocuité encore à explorer
Il n’y avait pas de différence notable en termes d’effets secondaires dans les deux groupes. Puisque 8 patients du groupe placebo et 6 du groupe SB010 ont souffert d’effets secondaires de faible importance, et qu’aucun n’a connu d’effet secondaire important. Les chercheurs estiment toutefois que la petite taille de leur étude ne permet pas de conclure de façon claire quant à la sécurité du SB01.
« Ces résultats apportent une preuve supplémentaire de l’implication forte du facteur de transcription GATA3 dans la réponse asthmatique des patients ayant un asthme dont le phénotype est guidé par une inflammation de type Th2 », expliquent les auteurs.
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