On connaît l'étude HOPE (Heart Outcomes Prevention Evaluation), essai randomisé en double aveugle mené dans 267 hôpitaux de 19 pays, dans lequel les participants recevaient soit du ramipril (un IEC), soit de la vitamine E, soit les deux, soit des placebos correspondants.
On le sait : les IEC bloquent le système rénine-angiotensine à la fois dans le plasma et dans la paroi vasculaire. Des travaux récents suggèrent qu'ils réduisent la prolifération des muscles vasculaires lisses ; qu'ils stimulent la fibrinolyse endogène ; qu'ils peuvent stabiliser les plaques ; qu'ils diminuent l'athérosclérose médiée par l'angiotensine II, la rupture de plaques et l'occlusion vasculaire. Ils ont donc le potentiel de diminuer le risque d'accident vasculaire ischémique, dont les AVC, par le biais de mécanismes indépendants de la réduction de la tension artérielle.
Risque relatif diminué de 32 %
L'étude que publie aujourd'hui le « BMJ » sous la signature de Jackie Bosch et coll. (pour les « investigateurs HOPE ») a porté sur plus de 9 000 patients, âgés de 55 ans ou plus, considérés comme à haut risque d'événement cardio-vasculaire en raison d'une maladie coronarienne, d'une maladie cérébro-vasculaire, d'une maladie vasculaire périphérique, d'un diabète ; cela avec, en plus, un facteur de risque additionnel.
La tension artérielle était mesurée à l'entrée dans l'étude, au bout de deux ans et à la fin de l'étude.
Sans entrer dans les détails, cette partie de HOPE a consisté à comparer des sujets sous ramipril et de sujets sous placebo.
Les résultats sont les suivants :
- la réduction tensionnelle a été modeste dans le groupe ramipril : 3,8 mmHg pour la systolique et 2,8 mmHg pour la diastolique ;
- le risque relatif d'AVC (toutes formes confondues) a été réduit de 32 % (156 dans le groupe ramipril, contre 226 dans le groupe placebo) ;
- le risque d'AVC fatal a été diminué de 61 % (17 dans le groupe ramipril, contre 44 dans le groupe placebo).
Un effet indépendant des chiffres tensionnels
« Nos résultats, estiment les auteurs, montrent qu'un traitement prolongé par ramipril est efficace pour réduire le risque d'AVC fatal et non fatal et d'accident ischémique transitoire dans un large groupe de patients à haut risque d'AVC mais ayant une tension artérielle relativement normale. L'impact est observé précocement et le bénéfice continue de s'accroître tout au long de l'étude. La réduction (...) est indépendante de la modeste diminution de la pression artérielle observée sous ramipril. » Les bénéfices ont été constatés même chez les sujets ayant une TA systolique initiale inférieure à 120 mmHg et une TA diastolique initiale inférieure à 70 mmHg.
« Nos résultats indiquent que les patients à haut risque d'AVC devraient être traités par ramipril indépendamment de leur niveau initial de pression artérielle, cela en plus des autres traitements préventifs comme les antihypertenseurs et l'aspirine. L'utilisation répandue d'un IEC, comme le ramipril chez les patients à haut risque d'AVC, est à même d'avoir un impact majeur en termes de santé publique », concluent les auteurs.
« British Medical Journal » du 23 mars 2002, pp. 699-701.
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